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lundi 4 août 2008

Kamouraska

Dans la région du Bas-Saint-Laurent, le ravissant village de Kamouraska mérite indéniablement le détour. Non seulement, son patrimoine architectural le classe parmi les plus beaux villages du Québec (qui rivalise avec Sainte-Rose-du-Nord, son concurrent du Saguenay), mais en plus l’endroit est réputé comme l’un des lieux où l’on trouve les plus beaux couchers du soleil au monde ! Bref, été comme hiver, Kamouraska vous ravira !


Le village de Kamouraska compte ainsi un patrimoine composé de diverses architectures qui chacune rappelle une époque de l’histoire qu’elle a traversé. Ainsi, construites entre 1795 et 1840, de nombreuses demeures présentent une architecture typique de la région du Kamouraska avec leurs toits à larmier cintré garnis de nombreuses lucarnes. Une autre caractéristique architecturale de la région : les galeries fin XIXe de style « Néo-Reine-Anne » dont le Presbytère (au 76, avenue Morel) présente un bel exemple.

Une balade sur les quais offre un point de vue admirable sur le fleuve Saint-Laurent qui s’étend à perte de vue (d’ailleurs à partir d’ici, on dit « la mer »), les îles et les montagnes de la région de Charlevoix. En été, les bateaux naviguent sur le fleuve, tandis qu’en hiver, les skidoo glissent sur la glace. Une promenade au coucher de soleil au vieux phare vous donnera l'impression d'être au bout du monde, surtout si vous allez vous asseoir sur le banc tout au bout du sentier. Un instant magique avec la nature. (...euh... cependant, faite attention aux moustiques qui peuvent parfois briser l'instant magique... ;-)

La Boulangerie Niemand
82, avenue Morel - http://www.boulangerieniemand.com
La Boulangerie Niemand est réputée pour ses délicieuses pâtisseries ainsi que son unique et savoureuse variété de pains au levain façonnés à la main selon la tradition allemande, et cuits sur la pierre. Un conseil : y aller tôt pour acheter leurs succulents bretzels (ou les commander la veille !) car ils partent très vite ! Outre ses miches exquises, vous trouverez des Strietzeln aux pommes, aux framboises ou aux canneberges, ainsi que d'excellents feuilletés salés.
La Boucanerie
Ramener des produits du poissonier chez vous ! Saumon, truite, esturgeon fumés, mais également des calamars et du poisson frais ou préparé en bocaux. Un délice pour ramener un goût du Bas-St-Laurent avec vous...

Le Magasin Général au 98, avenue Morel, propose une variété de produits du terroir allant des vins liquoreux aux épices artisanales en passant par des confitures faites maison.

La Fée Gourmande
167, avenue Morel (418) 492-7700 - http://www.lafeegourmande.com
Chocolaterie gastronomique artisanale qui propose de fines pâtisseries maison, un salon de thé, un café, une terrasse et un jardin. Dégustation de chocolat sous toutes ses formes : ganaches fondantes, caramel, tablettes, nougats et chocolats chauds.

Deux excellentes adresses pour dormir :
La Maison au Toit Bleu
70$ la nuit pour 2 personnes, petit-déjeuner exceptionnel inclu !
Daria vous accueille dans une maison ancestrale où vécut Marie-Alice Dumont, première photographe professionnelle de l'Est du Québec.
490, avenue Saint-Clovis à Saint-Alexandre-de-Kamouraska (418) 495-2701 http://www.giteetaubergedupassant.com/maisonautoitbleu

Chez Jean et Nicole Bossé
75 $ la nuit pour 2 personnes petit-déjeuner inclu
81 av Morel à Kamouraska (418) 492 2921 - http://www.gitechezjeanetnicole.ca
Chez Jean et Nicole
Un tour à la Brasserie Breughel
68, route 132 - St-Germain de Kamouraska (418) 942-3693
Enfin, en continuant sur la route 132, vous trouverez la Brasserie Breughel. Cette micro-brasserie locale fabrique de délicieuses bières artisanales dont l’exquise Kamour, une bière blanche, la Saint-Bruno de Kamouraska, une délicieuse bière brune sur lie, ou encore la Saint-Pacôme de Kamouraska, une savoureuse gueuze à la framboise. Dégustations sur place.

N.B. : Ces bières sont en vente à Montréal au Marché des Saveurs (sur le marché Jean-Talon) et au Dépanneur Laurier (1420, rue Laurier est). Pour les lieux de vente dans d’autres villes, consulter le site Internet : http://www.kamour.com/.

lundi 5 janvier 2004

Les tounes de Mes aïeux

Créé en 1996 à Montréal, le groupe Mes Aïeux réunit une gang de joyeux drilles à la fois musiciens et acteurs (comme Isabelle Blais dans Caïman Fu, certains membres du groupe sont connus au Québec en tant que comédiens). Dans la veine des groupes québécois qui ravivent le folklore (La Bottine Souriante, les Tireux de roches, les Cowboys Fringants, voire même le spectacle Québec Issime), Mes Aïeux partage également l’univers des nouveaux chanteurs à texte français, humoristes et socialement engagés, comme les Escrocs, les Joyeux Urbains ou encore Alexis HK, qui présentent un répertoire musical particulièrement éclectique sur fond de fredaines populaires. Le registre de Mes Aïeux propose ainsi un délicieux mélange de saveurs traditionnelles aromatisées d’épices actuelles, où les rengaines folkloriques se marient aux registres rock, funk et blues, mais aussi à des aspirations afro-cubaines, hip hop, reggae, hardrock et discos. Cette recette « funklorique » produit « un folklore génétiquement modifié constitué de légendes modernisées, de faits vécus romancés et de chansons grivoises ou engagées ». L’ambiance festive et enjouée du concert comme de l’album entraîne inévitablement le public et l’auditeur dans un tourbillon de rire, de chant et de danse.



Légendes
La fabuleuse « rencontre entre La Bolduc et James Brown »
 

Le nom même du groupe évoque le passé, tout comme son répertoire d’une part inspiré d’histoires traditionnelles du Québec et, d’autre part, teinté de rythmes folkloriques tels que le reel, le rigaudon ou encore la gigue. La « légende » du groupe raconte que l’illumination survint au cours d’une improvisation collective lors d’une soirée dans un appartement de la rue De Lorimier à Montréal. Un des tubes du groupe fut d’ailleurs composé dans cet appartement désormais mythique du 2096, rue De Lorimier à Montréal. Cette chanson phare aurait été, dit-on, « écrite en une demi-heure, paroles et musique, pendant un doux moment d’euphorie éthylique » :

Sur la rue De Lorimier, il paraît qu’à tous les soirs
ils refont le monde entier et ils tuent le désespoir

« 2096 (chanson à boire) »

Depuis la chasse-galerie d’Honoré Beaugrand (« Acabris, Acabras, Acabram », « Descendus au chantier ») en passant par la légende de la rivière rouge et l’éternelle « Prison de Londres » version disco, tout le monde danse sur les tounes de Mes Aïeux. Même le diable et le petit Jésus se déhanchent façon John Travolta :

Pis quand Jésus danse, c’est l’bout’ de tout’
Il transpire même de l’eau bénite
De peur d’en recevoir une goutte
Le démon décide de prendre la fuite

« Le yâbe est dans la cabane »


Outre les légendes et chansons traditionnelles, le répertoire du groupe s’inspire également d’événements historiques qui ont marqué le Québec (Les Patriotes et les référendums sont des références récurrentes) dont certains faits divers qui ont défrayé la chronique, comme « La Corrida de la Corriveau » contée sur un savoureux flamenco. Alors qu’historiquement La Corriveau fut accusée en 1763 d’avoir tué ses deux maris, dans la joyeuse chanson de Mes Aïeux, elle n’en tue pas moins de sept ! Enfin, le groupe raconte également des histoires tirées de son propre patrimoine familial : comme le grand-oncle Prémi considéré comme le plus grand gigueux du nord du Saguenay ou encore la matante Octavie qui, farouche avec son mari, engendra treize enfants après une confession révélatrice :

La messe a été dite, maintenant l’église est vide…
[…] Octavie ressortit au bout d’une heure et demie
Toute essoufflée, mal boutonnée […]
C’qui s’est passé sous la chaire restera un mystère.

« Juste et bon »
Métaphores
Contre-attaquer les empires
 

Afin de se réapproprier la culture héritée de leurs ancêtres, chacun des membres de la tribu Mes Aïeux incarne (et caricature) une des figures marquantes de la Nouvelle-France. L’indien Marc-André Paquet alias Mappy joue des percussions (depuis l’éternel tam-tam jusqu’à la batterie punk), le curé Éric Desranleau et le trappeur Frédéric Giroux jouent de la guitare mais aussi de la flûte et de l’harmonica, le caribou (Luc Lemire) s’illustre au saxophone, l’Irlandais (Benoît Archambault) à la trompette et au clavier, l’ange Marie-Hélène Fortin chante et joue du violon, tandis que le diable Stéphane Archambault chante et écrit les paroles. À tour de rôle, chacun intervient en fonction de son personnage dans une mise en scène théâtrale pleine d’humour et d’espièglerie.
Crédit photo : Francis René
Toutefois, un glissement métaphorique s’opère dans la seconde partie du concert lorsque la confrérie québécoise arbore les couleurs de la série culte Star Wars. Transformé, chaque personnage conserve néanmoins ses principaux aspects. En effet, le curé s’est métamorphosé en Obewan (la Foi), l’Indien en maître Yoda (le Sage), l’ange en princesse Leïa (la pure), le trappeur en Luke Skywalker (l’aventurier) et enfin le diable réincarné en Dark Vador (le côté obscur de la Force), accompagné par l’Irlandais devenu Yann Solo (l’allié) et Choubaka (ex-caribou) dont le saxophone rappelle le langage voluptueux des Wookies.

À la fois métaphore du monde face aux États-Unis et métaphore du Québec face au Canada anglophone, la rébellion contre la vague infernale de l’Empire devient le symbole de la résistance des diversités culturelles face à la mondialisation (scandé par le rap de « Qui nous mène ? »). D’où le titre du programme : « Mes Aïeux contre-attaquent »… Que ce soit face à l’empire américain ou face au magna de la presse people au Québec : l’empire Québécor.

Les petits se font bouffer par les gros
Y’a même pus de place dans les hôpitaux
Y’a pus de poissons dans nos cours d’eau

« Tout seul »


Amours
Quand le devoir conjugal devient un enjeu politique

 

En Histoire comme en science-fiction, les querelles familiales dégénèrent en conflits politiques (« L’héritage », « Vie de chien », « La Capitulation »). Ultime acte de résistance et remède infaillible contre l’amnésie, « Le temps des semences » devient l’arme de la Révolution des berceaux : en effet, afin de « repeupler le pays », il s’avère alors « juste et bon » de « relever ses jupons ». Cependant, Mes Aïeux tire un constat plutôt amer, bien qu’ironique, d’une société soumise à la tentation. Les histoires d’amours sont ainsi l’occasion de récits cocasses aux accents grivois où les femmes préfèrent leur silhouette à leur progéniture, l’ectasie à l’extase, et dont la morale demeure : « Méfiez-vous des jolies filles » (« Jamais la plus belle », « Rose la tulipe »).

Heureusement, l’invention de toutes sortes de « Remèdes Miracle » disponibles en libre-service à la pharmacie permet de guérir tous les maux d’aujourd’hui. En hommage à ces nouvelles drogues, une joyeuse chanson de gestes est entonnée et dansée par le public. Nos mouvements quotidiens prennent alors étrangement l’allure de l’accoutumance… Excellent remède contre la monotonie et le froid, Mes Aïeux ont également composé une sulfureuse bossa nova en hommage à un mets québécois réputé. Cette toune s’entonne tel un hymne national : « Patates, sauce brune et fromage »… En effet, un air traditionnel québécois ferait bien pâle figure sans sa mémorable poutine (ou « gratin de tubercules à la sauce brune »).

L’unique véritable déclaration d’amour de Mes Aïeux, tracée en filigrane à travers chaque chanson, est dédiée au Québec : « Sans anneau, ni discours, tout mon corps te dit oui ». Dans la lignée des poètes tel que Richard Desjardins, Mes Aïeux célèbrent en effet la culture « d’un pays qui n’en est pas un », notamment en perpétuant sa mémoire. Le souvenir étant d’ailleurs le fil conducteur du groupe (et « Je me souviens », la devise du Québec), une « chanson à boire » fournit un excellent prétexte pour se rappeler certains événements historiques et raviver l’espoir, voire la foi, d’un avenir tant désiré :

Une petite shot de Sambuca pour mettre le feu au Canada,
[…] un petit peu de liqueur d’anis pour octobre 70
pis on retombe dans la bière pour les défaites référendaires
[…] une petite shot, encore une shot, pour tous les patriotes
On pourrait faire un drame de la défaite des plaines d’Abraham
mais on continue à boire pour ceux qui verront la victoire…
[…] et pis une autre petite shot de Rhum pour le prochain référendum

« 2096 (chanson à boire) »

Site officiel : http://mesaieux.qc.ca