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samedi 9 mars 2013

Dormir dans un igloo...

et oui, c'est possible !

Grâce à L'Auberge de jeunesse Au P'tit Bonheur sur l'île d'Orléans...
Une magnifique maison historique avec chambres privées ou dortoirs, et même quelques igloos dans le jardin !
Site : http://www.leptitbonheur.qc.ca

L'Auberge du Ptit Bonheur sur l'Île d'Orléans
L'entrée du palace...
À l'intérieur de l'igloo, bien au chaud
dans un sac de couchage et sur un tapis de sol...

Merci à Satie et Céline qui ont testé pour nous !
Et pourquoi pas en profiter pour boucler l'aventure en beauté avec une balade en traineau ?



 Crédits photos : Satie et Céline

vendredi 18 novembre 2011

De neige et de glace...

"Mon chemin ce n'est pas un chemin, c'est la neige...
Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver"
(Gilles Vigneault)

H2O à -40

Réputés pour leur puissance hydraulique (le Canada compte à peu près un lac par habitant), les lagons et les ports constituent également la première ressource de loisirs du pays en se transformant, non pas en électricité, mais en immenses patinoires naturelles. À la sortie du boulot, à la pause déjeuner, le week-end et même en soirée pour des nocturnes endiablées, les poussettes voguent sur la piste, les petits apprennent à patiner avant même de savoir marcher, les adolescents se rencontrent et les parents se retrouvent, le tout sur les tubes indémodables de Joe Dassin : « On ira, où tu voudras, quand tu voudras »…

Remontes pentes et belles descentes…
 
Bien que les cimes n'aient guère d'altitude comparée à celles de l'Europe, les monts québécois sont assez vastes pour y construire des kilomètres de pistes de ski. Il est ainsi possible de skier à une heure de route à peine de Montréal. Et pour ceux qui le désirent, les stations proposent régulièrement des nocturnes (on peut donc skier après le boulot de 19 h à 22 h par exemple) et même des nuits blanches! Whisky à l'érable et autres alcools de caribou vous permettront de demeurer éveillés jusqu'au petit matin !


Boules de neige et châteaux de glace

Restaurant de glace à Laval
À force de déneiger chaque matin devant son palier, les Québécois sont devenus de talentueux manipulateurs de flocons. Expositions de sculptures, concours et décorations diverses parsèment les coins de rues et les vallées. Des équipes du monde entier viennent s'y mesurer : Belgique, Suisse, Allemagne, Russie, Chine, mais aussi Venezuela, Mexique, Pérou, Équateur et même le Koweït ! La glace se modèle également : personnages congelés, palais verglacés, des spectacles sons et lumières (fete-des-neiges-de-montreal). D'ailleurs, on peut même coucher dans un hôtel de glace aux chutes de Montmorency. Tout, des meubles jusqu'aux verres, y est sculpté dans la glace ! D'une superficie de 1000 m2, cet hôtel disparaît avec la fonte des glaces (http://www.hoteldeglace-canada.com/). Et, depuis 2013, sur l'île-Sainte-Hélène à Montréal : http://www.villagedesneiges.com/. Outre un hôtel de glace, il y a également deux restaurants de glace (dont un à Laval...), une chapelle de glace (pour les mariages) et moult autres activités...
Restaurant de glace Amarula à Laval

À voir aussi : le Carnaval de Québec.

vendredi 15 avril 2011

Se sucrer le bec...

À la cabane à sucre

Véritable festival de l'érable, sortie traditionnelle du mois de mars, la cabane à sucre est un repas traditionnel composé de lard, de bines, d'omelette, de cretons et de "grand-pères" (un dessert étrange mais succulent...), le tout généreusement arrosé de sirop d'érable...

Autres variantes du rituel : les crêpes et la tarte au sucre à l'érable (un must!).



C'est le moment de fêter la fin de l'hiver et l'arrivée du printemps qui pointe son nez. Les écarts de températures déclenchent ainsi un va-et-vient de la sève  qui permet la récolte des érablières.

Crédit photo : Christian Semaan

À la fin du repas, une balade dans l'érablière est fortement indiquée (histoire d'éliminer quelques calories...).

Érablière
Un incontournable : goûtez à la tire d'érable ! Du sirop d'érable bouilli qui devient une espèce de mélasse d'érable qu'on verse encore bouillant directement sur la neige. Le caramel se saisit sur la glace. Avec un bâtonnet, chacun se confectionne son suçon. Le résultat : un savoureux mélange chaud/froid de caramel d'érable. Un pur délice !




Crédit Photos : Christian Semaan & Edwige Perrot

Cabane à sucre
Sucrerie de la Montagne

300, Chemin St-Georges, Rigaud (Qc)
Tél : 450 451-0831
http://www.sucreriedelamontagne.com 


dimanche 24 octobre 2010

Le temps des pommes

L'automne, c'est la saison de la cueillette des pommes au Québec. 

 

C'est l'occasion d'une sortie hors de Montréal, dans le coin de Rougemont ou du Mont St-Hilaire. La route est bordée de vergers. Choisissez vos pommes : de la McIntosh à la Gala, en passant par l'Empire ou la Cortland (n'espérez pas trouver des Golden ! ;-)).


Les pommes, c'est la sortie traditionnelle des écoles, mais aussi des familles.


 Après la cueillette, rien de mieux qu'une petite balade en forêt aux couleurs de l'été indien.


Puis, bien sûr, une dégustation de cidre ! (les cidreries sont aussi sur le chemin...)

Une spécialité du Québec: Les cidres de glace fabriqués avec des pommes gelées. (un délice !)

 Crédits photos : Christian Semaan

Tous les secrets des pommes du Québec sur le site : http://www.lapommeduquebec.ca

lundi 15 juin 2009

L'Auberge du Dragon-Rouge

« Si tu manques de boustifailles, crie mon nom et je viendrai comme un jouvenceau galant vers sa pucelle. Tu veux-tu bouère une cervoise, de l’hydromel ou de la flotte ? J’ai aussi de la cervoise en tonneau ». Ambiance garantie !

Véritable voyage dans le temps, vous vous retrouvez dans une auberge médiévale de Nouvelle-France, servis par de généreuses tenancières et de gentils gueux… Dans cette auberge d'un autre siècle, on prépare de délicieuses « galettes » (l’ancêtre du Burger !) : comme « La Moisie » (au fromage bleu), la galette gauloise au sanglier nappé de brie (exquise !) ou encore la galette forestière au cerf et au chèvre (un régal pour vos babines !).

Durant le dîner, des troubadours égayent la soirée de leur "musicaille" et autres sonnets à répondre tandis que la cervoise coule à flot. Un Grimoire des Alcools propose à ce titre différentes cervoises, ainsi que de la vinasse et de l’hydromel, sans oublier certains breuvages maison (qui se révèlent d'excellent remèdes pour tuer les microbes) …tel que le "Sang du Dragon" !... (comme le veut la coutume locale pour arroser une fête d'anniversaire ! ...Attention aux maux de tête ! Estomacs fragiles, s'abstenir !).

Enfin, une liste de savoureux desserts, dont la tarte au fromage ou encore le "Gâteau de la Mort" à vous faire frissonner…

L’endroit unique et donc assez populaire ne prend pas les réservations (sauf pour les grands groupes qui réservent la salle à l’étage). Cependant, vous pouvez prendre l’apéro en attendant qu’une tablée se libère et siroter une cervoise à la taverne de l’Auberge, histoire de prendre le pouls. Ambiance garantie !

Attention : Prévoyez 4$ supplémentaires pour les troubadours. De plus, payez en argent comptant ou carte débit INTERAC. Les cartes de crédit ne sont pas acceptées.

À noter : L'Aubergiste sert aussi des brunchs en fin de semaine, dont "L’œuf de Dragon" (un œuf d'autruche à la coque à partager à plusieurs !) ...le tout accompagné de couenne de dragon bien sûr !

8870, Lajeunesse (au nord de l'autoroute métropolitaine)
Métro : Crémazie (sortie Nord) (514) 858-5711
Site : www.oyez.ca

samedi 30 avril 2005

L’île d’Orléans

Outre une ravissante balade à travers les champs et les petits villages qui s’alignent sur les bords du fleuve, un arrêt sur l’île d’Orléans vous offrira un havre de paix où vous pourrez vous détendre tout en savourant des produits du terroir. En effet, les cidreries et les vignobles vous séduiront avec leurs caves et leurs dégustations, tandis que les cabanes à sucre et les fermes vous raviront via un tour du propriétaire en tracteur. Partout, confitures, pâtés, tartes, produits à l’érable et aux pommes vous enchanteront les babines.

L'île de Félix
Enfin, vous êtes sur la terre d’élection du poète Félix Leclerc. Ainsi, nous vous recommandons vivement d’écouter un de ses disques dans l’auto dès que vous entrez sur l’île, histoire de vous mettre dans l’ambiance…

Pour supporter le difficile et l’inutile, y a l’tour de l’île
Quarante-deux milles de choses tranquilles

(« Le Tour de l’île », Félix Leclerc)
Un pèlerinage s’impose à l’Espace Félix-Leclerc (et sur sa pierre tombale pour les groupies). Une exposition émouvante qui retrace la vie du grand poète québécois : photos, objets personnels, paroles de chansons, extraits de journaux, reconstitution de son bureau…
682, chemin Royal à Saint-Pierre – http://www.felixleclerc.com

En février, la neige est rose comme chair de femme
Et en juillet, le fleuve est tiède sur les battures…

Un seul pont permet d’accéder à l’Île d’Orléans. Avant sa construction en 1935, on prenait le bateau ou on traversait à pied en hiver sur le fleuve gelé. Lors de sa découverte par Jacques Cartier, l’île fut baptisée Île de Bacchus en raison de ses nombreuses vignes sauvages. Parmi les incontournables, le Vignoble Isle de Bacchus produit à ce titre des vins blanc, rouge et rosé. Ses spécialités : le Kir de l’Île (pour l’apéro) et le Fleur de Lyse (pour le dessert).
1071, chemin Royal à Saint-Pierre – www.isledebacchus.com
 
La cidrerie du domaine de Steinbach
2205, chemin Royal, à Saint-Pierre de l'Île d'Orléans (418) 828-0000 -
http://www.domainesteinbach.com
Un autre arrêt que vous ne regretterez pas ! Bien sûr, leur spécialité c'est le cidre de glace (exquis depuis le Diablotin à la framboise au Tourlou à l'érable en passant par d'excellents vinaigres de cidres de pommes). Mais la famille Steinbach, originaire de Belgique, propose également de savoureux produits à l'érable de la moutarde au confit d'oignon, sans oublier la gelée de pomme à l'érable. Un petit régal à ramener chez soi et à offrir !

Enfin, le fameux Fromage de l’Isle d’Orléans vous enchantera grâce à sa recette artisanale datant de 1693, reconstituée sur place grâce à une fameuse bactérie introuvable ailleurs !
4696, chemin Royal à Sainte-Famille

On veut la mettre en mini-jupe and speak English
Faire ça à elle, l’Île d’Orléans notre fleur de lys…

Et avant de repartir, n’oubliez pas de passer à la Chocolaterie de l’île d’Orléans pour goûter au chocolat, à la crème glacée et au sorbet maison à Sainte-Pétronille.

Une chouette adresse où dormir (pour tous les budgets entre 30 et 100 $) :
L'Auberge de jeunesse Au P'tit Bonheur
Une magnifique maison historique avec chambres privées ou dortoirs, et même un tipi dans le jardin !
Site : http://www.leptitbonheur.qc.ca
+ L'hiver : possibilité de dormir dans un igloo !
Tout sur l’île d’Orléans : http://www.iledorleans.com

Citations en italiques tirées de la chanson « Le Tour de l’île » de Félix Leclerc.

lundi 5 janvier 2004

Les tounes de Mes aïeux

Créé en 1996 à Montréal, le groupe Mes Aïeux réunit une gang de joyeux drilles à la fois musiciens et acteurs (comme Isabelle Blais dans Caïman Fu, certains membres du groupe sont connus au Québec en tant que comédiens). Dans la veine des groupes québécois qui ravivent le folklore (La Bottine Souriante, les Tireux de roches, les Cowboys Fringants, voire même le spectacle Québec Issime), Mes Aïeux partage également l’univers des nouveaux chanteurs à texte français, humoristes et socialement engagés, comme les Escrocs, les Joyeux Urbains ou encore Alexis HK, qui présentent un répertoire musical particulièrement éclectique sur fond de fredaines populaires. Le registre de Mes Aïeux propose ainsi un délicieux mélange de saveurs traditionnelles aromatisées d’épices actuelles, où les rengaines folkloriques se marient aux registres rock, funk et blues, mais aussi à des aspirations afro-cubaines, hip hop, reggae, hardrock et discos. Cette recette « funklorique » produit « un folklore génétiquement modifié constitué de légendes modernisées, de faits vécus romancés et de chansons grivoises ou engagées ». L’ambiance festive et enjouée du concert comme de l’album entraîne inévitablement le public et l’auditeur dans un tourbillon de rire, de chant et de danse.



Légendes
La fabuleuse « rencontre entre La Bolduc et James Brown »
 

Le nom même du groupe évoque le passé, tout comme son répertoire d’une part inspiré d’histoires traditionnelles du Québec et, d’autre part, teinté de rythmes folkloriques tels que le reel, le rigaudon ou encore la gigue. La « légende » du groupe raconte que l’illumination survint au cours d’une improvisation collective lors d’une soirée dans un appartement de la rue De Lorimier à Montréal. Un des tubes du groupe fut d’ailleurs composé dans cet appartement désormais mythique du 2096, rue De Lorimier à Montréal. Cette chanson phare aurait été, dit-on, « écrite en une demi-heure, paroles et musique, pendant un doux moment d’euphorie éthylique » :

Sur la rue De Lorimier, il paraît qu’à tous les soirs
ils refont le monde entier et ils tuent le désespoir

« 2096 (chanson à boire) »

Depuis la chasse-galerie d’Honoré Beaugrand (« Acabris, Acabras, Acabram », « Descendus au chantier ») en passant par la légende de la rivière rouge et l’éternelle « Prison de Londres » version disco, tout le monde danse sur les tounes de Mes Aïeux. Même le diable et le petit Jésus se déhanchent façon John Travolta :

Pis quand Jésus danse, c’est l’bout’ de tout’
Il transpire même de l’eau bénite
De peur d’en recevoir une goutte
Le démon décide de prendre la fuite

« Le yâbe est dans la cabane »


Outre les légendes et chansons traditionnelles, le répertoire du groupe s’inspire également d’événements historiques qui ont marqué le Québec (Les Patriotes et les référendums sont des références récurrentes) dont certains faits divers qui ont défrayé la chronique, comme « La Corrida de la Corriveau » contée sur un savoureux flamenco. Alors qu’historiquement La Corriveau fut accusée en 1763 d’avoir tué ses deux maris, dans la joyeuse chanson de Mes Aïeux, elle n’en tue pas moins de sept ! Enfin, le groupe raconte également des histoires tirées de son propre patrimoine familial : comme le grand-oncle Prémi considéré comme le plus grand gigueux du nord du Saguenay ou encore la matante Octavie qui, farouche avec son mari, engendra treize enfants après une confession révélatrice :

La messe a été dite, maintenant l’église est vide…
[…] Octavie ressortit au bout d’une heure et demie
Toute essoufflée, mal boutonnée […]
C’qui s’est passé sous la chaire restera un mystère.

« Juste et bon »
Métaphores
Contre-attaquer les empires
 

Afin de se réapproprier la culture héritée de leurs ancêtres, chacun des membres de la tribu Mes Aïeux incarne (et caricature) une des figures marquantes de la Nouvelle-France. L’indien Marc-André Paquet alias Mappy joue des percussions (depuis l’éternel tam-tam jusqu’à la batterie punk), le curé Éric Desranleau et le trappeur Frédéric Giroux jouent de la guitare mais aussi de la flûte et de l’harmonica, le caribou (Luc Lemire) s’illustre au saxophone, l’Irlandais (Benoît Archambault) à la trompette et au clavier, l’ange Marie-Hélène Fortin chante et joue du violon, tandis que le diable Stéphane Archambault chante et écrit les paroles. À tour de rôle, chacun intervient en fonction de son personnage dans une mise en scène théâtrale pleine d’humour et d’espièglerie.
Crédit photo : Francis René
Toutefois, un glissement métaphorique s’opère dans la seconde partie du concert lorsque la confrérie québécoise arbore les couleurs de la série culte Star Wars. Transformé, chaque personnage conserve néanmoins ses principaux aspects. En effet, le curé s’est métamorphosé en Obewan (la Foi), l’Indien en maître Yoda (le Sage), l’ange en princesse Leïa (la pure), le trappeur en Luke Skywalker (l’aventurier) et enfin le diable réincarné en Dark Vador (le côté obscur de la Force), accompagné par l’Irlandais devenu Yann Solo (l’allié) et Choubaka (ex-caribou) dont le saxophone rappelle le langage voluptueux des Wookies.

À la fois métaphore du monde face aux États-Unis et métaphore du Québec face au Canada anglophone, la rébellion contre la vague infernale de l’Empire devient le symbole de la résistance des diversités culturelles face à la mondialisation (scandé par le rap de « Qui nous mène ? »). D’où le titre du programme : « Mes Aïeux contre-attaquent »… Que ce soit face à l’empire américain ou face au magna de la presse people au Québec : l’empire Québécor.

Les petits se font bouffer par les gros
Y’a même pus de place dans les hôpitaux
Y’a pus de poissons dans nos cours d’eau

« Tout seul »


Amours
Quand le devoir conjugal devient un enjeu politique

 

En Histoire comme en science-fiction, les querelles familiales dégénèrent en conflits politiques (« L’héritage », « Vie de chien », « La Capitulation »). Ultime acte de résistance et remède infaillible contre l’amnésie, « Le temps des semences » devient l’arme de la Révolution des berceaux : en effet, afin de « repeupler le pays », il s’avère alors « juste et bon » de « relever ses jupons ». Cependant, Mes Aïeux tire un constat plutôt amer, bien qu’ironique, d’une société soumise à la tentation. Les histoires d’amours sont ainsi l’occasion de récits cocasses aux accents grivois où les femmes préfèrent leur silhouette à leur progéniture, l’ectasie à l’extase, et dont la morale demeure : « Méfiez-vous des jolies filles » (« Jamais la plus belle », « Rose la tulipe »).

Heureusement, l’invention de toutes sortes de « Remèdes Miracle » disponibles en libre-service à la pharmacie permet de guérir tous les maux d’aujourd’hui. En hommage à ces nouvelles drogues, une joyeuse chanson de gestes est entonnée et dansée par le public. Nos mouvements quotidiens prennent alors étrangement l’allure de l’accoutumance… Excellent remède contre la monotonie et le froid, Mes Aïeux ont également composé une sulfureuse bossa nova en hommage à un mets québécois réputé. Cette toune s’entonne tel un hymne national : « Patates, sauce brune et fromage »… En effet, un air traditionnel québécois ferait bien pâle figure sans sa mémorable poutine (ou « gratin de tubercules à la sauce brune »).

L’unique véritable déclaration d’amour de Mes Aïeux, tracée en filigrane à travers chaque chanson, est dédiée au Québec : « Sans anneau, ni discours, tout mon corps te dit oui ». Dans la lignée des poètes tel que Richard Desjardins, Mes Aïeux célèbrent en effet la culture « d’un pays qui n’en est pas un », notamment en perpétuant sa mémoire. Le souvenir étant d’ailleurs le fil conducteur du groupe (et « Je me souviens », la devise du Québec), une « chanson à boire » fournit un excellent prétexte pour se rappeler certains événements historiques et raviver l’espoir, voire la foi, d’un avenir tant désiré :

Une petite shot de Sambuca pour mettre le feu au Canada,
[…] un petit peu de liqueur d’anis pour octobre 70
pis on retombe dans la bière pour les défaites référendaires
[…] une petite shot, encore une shot, pour tous les patriotes
On pourrait faire un drame de la défaite des plaines d’Abraham
mais on continue à boire pour ceux qui verront la victoire…
[…] et pis une autre petite shot de Rhum pour le prochain référendum

« 2096 (chanson à boire) »

Site officiel : http://mesaieux.qc.ca
 

dimanche 3 août 2003

Québecissime

100% Québec
En hommage au répertoire québécois, le spectacle Québec Issime se produit chaque été depuis 1995 dans la région du Saguenay et du Lac-Saint-Jean où il ne cesse d'évoluer ajoutant de nouveaux tableaux et de nouvelles chansons à son programme. Présenté également à Montréal et à Québec, il conquiert chaque année un public grandissant. Cette production présente ainsi 32 artistes et 126 chansons pour une durée totale de trois heures de spectacle. Une invitation originale et intelligente à parcourir l'histoire de la Belle Province à travers son vaste répertoire musical.
Je suis d'Amérique et de France
Je suis de chômage et d'exil
(…) Je suis une race en péril
(…) Je suis notre libération
Comme des millions de gens fragiles
À des promesses d'élection
(…) Je suis Québec mort ou vivant !

« Le plus beau des voyages » (Claude Gauthier, 1972)

Le spectacle débute par un film : un magnifique montage chronologique réalisé à partir d'images d'archives liées à l'histoire du Québec. On y voit successivement des danses traditionnelles (rondes populaires, gigue et rigaudon), un bûcheron au travail, des paysans, un cimetière, des files d'attente de pauvres gens, un train, un avion, une usine à papier, des journaux qui s'impriment, des travailleurs en grève, des femmes, une messe, des religieuses, des livres, des enfants, un couple qui s'embrasse, Charles de Gaulle prononçant son mythique « Vive le Québec libre ! », des manifestations pour l'indépendance du Québec, René Lévesque (fondateur du parti québécois) et son « À la prochaine fois ! » suite au premier référendum de 1980, des hippies, un feu dans la rue, les Jeux-Olympiques, un drapeau québécois… Accompagnée de la chanson « Gens du pays » de Gilles Vigneault, la projection s'avère d'autant plus émouvante : Pour ces cœurs à qui je souhaite le temps de vivre leurs espoirs.

De Céline à la Bolduc...
Pis j'en ai un sur le bout de la langue
Pis qui m'empêche de turluter
Pis ça me fait bégay-gay-gay, bégay-gay-gay, bégay-gayer

« J'ai un bouton sur le bout de la langue » (La Bolduc, 1932)

Comme l'indique son sous-titre, le spectacle Québec Issime se construit sur le répertoire québécois d'hier et d'aujourd'hui. En quinze tableaux rigoureusement réglés, regroupant chacun une série de chansons autour d'un thème ou d'une époque, se répondant les unes aux autres de manière très efficace, la troupe remonte progressivement le fil du temps. Le spectacle débute ainsi avec la plus internationale des stars québécoises, Céline Dion, et son lancinant « S'il suffisait d'aimer » pour finir avec les rengaines populaires d'antan. Ce bouquet de chansons retrace avec magie l'histoire musicale du Québec.

Durant près de trois heures, trente-deux artistes se lancent dans un véritable marathon musical et scénographique. À la fois chanteurs et instrumentistes, ils se succèdent dans un imbroglio prodigieux de chassés croisés, passant du micro à la guitare, du piano au chœur, d'un costume à un autre (parfois aussi vite que le célèbre transformiste Arturo Brachetti), brassant les époques, les styles et les rythmes avec brio. Le plateau lui-même mouvant élève parfois certains musiciens sur un promontoire et façonne constamment le décor en fonction des besoins d'un tableau : une rue, une discothèque, un petit bar miteux, un escalier de cabaret ou encore un salon familial.

Cocktail québécois
Ne laisse pas passer
La chance d'être aimé
Le cœur devient moins lourd
Quand on est en amour

« Quand on est en amour » (Patrick Normand, 1984)

Un peu de « Tu m'aimes-tu ? » de Richard Desjardins (T'es tellement, tellement, tellement belle !), un zeste de Roch Voisine (Comment t'aimer si tu t'en vas dans ton pays loin là-bas ?), un grain de Daniel Lavoie (« Ils s'aiment ») et on obtient un pot-pourri de chansons d'amour québécoises. Mises en rapport les unes avec les autres, « Je t'oublierai » d'Isabelle Boulay semble ainsi répondre avec humour et tendresse au pathétique « Je ne t'aime plus » de Mario Pelchat.

Toutes les vedettes de la chanson québécoise défilent sur la scène de Québec Issime : de Robert Charlebois à Lynda Lemay (« Le plus fort, c'est mon père » : Comment t'as fait Maman ?…) en passant par Diane Tell (Si j'étais un homme, je serai capitaine…) et Diane Dufresne (J'accepte ma folie comme une maladie), ou encore Garou et Bruno Pelletier, mais aussi le Cirque du Soleil avec sa féerie, ses clowns et ses acrobates. Avec Québec Issime, il y en a pour tous les goûts : une séquence disco démarre par le tube « 1990 » de Jean Leloup et s'achève sur un duo de batterie explosif, tandis qu'une autre, résolument nostalgique sous la lumière d'un réverbère et les trémolos d'un orgue limonaire, évoque entre autres Ginette Reno avec « Ma mère chantait toujours » et « Je ne suis qu'une chanson » ; Je ris, je pleure à la moindre émotion. Enfin, le Québec en chansons, c'est également l'empire Plamondon de la comédie musicale qui a propulsé bon nombre d'artistes québécois sur la scène internationale : de Starmania en 1978 à Notre-Dame de Paris vingt ans plus tard.
« Je me souviens... »
C't'aujourd'hui l'jour de l'an,
Gaie lon la mon Joe ma lurette,
C't'aujourd'hui l'jour de l'an,
Y faut changer d'maîtresse

« Mon Joe » (Paul Piché, 1977)

Dans les années 70, des tounes tirées du folklore sont remises au goût du jour : « Mon Joe » de Paul Piché, « La Prison de Londres » de Louise Forestier ou encore « Je suis cool » de Gilles Valiquette (Aujourd'hui j'me décide à chanter en joual (…) C'est ben l'fun). Pour illustrer cette époque, les musiciens habillés en hippies incarnent des personnages tel Plume Latraverse, la scène est jonchée de packs de bière et la musique teintée de résonances traditionnelles et de rythmes endiablés.

Un tableau, intitulé La Commune, débute avec un groupe d'interprètes réunis autour d'un feu de camp, un paysage de montagne et de forêt projeté en fond de scène : On a mis quelqu'un au monde, on devrait peut-être l'écouter (« Un musicien parmi tant d'autres » d'Harmonium). Empreint de poésie, notamment par l'évolution de l'éclairage, cette séquence se boucle sur des silhouettes en contre-jour fredonnant a capella « La Complainte du phoque en Alaska » de Beau Dommage :
Cré-moé, cré-moé pas
Quéqu' part en Alaska
Y a un phoque qui s'ennuie en maudit
Sa blonde est partie
Gagner sa vie
Dans un cirque aux États-Unis...
Un patrimoine en chansons
J'aime les nuits de Montréal
Pour moi ça vaut la place Pigalle.

« Les Nuits de Montréal » (Jacques Normand, 1961)

L'hiver occupe une place importante dans les textes des poètes et chansonniers québécois. Depuis le « Soir d'hiver » d'Émile Nelligan (mis en musique par Claude Léveillée et interprété par la chanteuse Monique Leyrac) : Ah ! comme la neige a neigé ! Ma vie est un jardin de givre ; jusqu'à « Mon pays » chanté par Gilles Vigneault :
Mon jardin ce n'est pas un jardin, c'est la plaine
Mon chemin ce n'est pas un chemin, c'est la neige
Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver...


Dans « L'Hymne au printemps » de Félix Leclerc les bourgeons sortent de la mort et les crapauds chantent la liberté : Comme un vieux râteau oublié, sous la neige je vais hiverner. Le répertoire de Robert Charlebois est lui aussi profondément marqué par les particularités propres au Québec. Le chanteur est à ce titre représenté dans le spectacle avec une écharpe de l'équipe de hockey de Montréal (Le Canadien) et une fleur de lys géante en fond de scène : 1,2,3,4,5,6,7, Québec ! (« Les ailes d'un ange »)

La survivance d'une langue
Là-bas on peut danser
Sur des rythmes yéyés
On peut rire et chanter
Oui on peut s'amuser yéyéyé

« Les boîtes à gogo » (Michèle Richard, 1966, adaptation française de At the scene popularisée par The Dave Clark Five)

Témoin d'une époque et d'une farouche résistance linguistique, un certain nombre de chansons québécoises sont des espèces de remake francophones de tubes anglophones. Dans le répertoire des années 60, on trouve ainsi des « tounes » du style « Manon, viens danser le ska » ou encore Carole, j'ai tant besoin de toi, ou bien aussi Quand je t'ai vu la première fois, Sylvie… Ces adaptations composées sur les airs de rock'n roll américains bien connus et autres Beatles anglais font désormais partie intégrante du répertoire québécois : Splish splash, je plonge dans mon bain (…) Splish splash, elle dansait le ya-ya... En 1970, la chanson de Renée Claude « C'est le début d'un temps nouveau » est devenue un hymne que l'on brandit au Québec à diverses occasions, notamment politiques.
Toutes générations confondues, les Québécois connaissent leur répertoire traditionnel et contemporain. De nombreux groupes actuels continuent d'ailleurs à diffuser les airs d'autrefois, dont La Bottine souriante. De plus, de nombreuses chansons sont reprises par les artistes d'aujourd'hui, perpétuant ainsi la tradition. Par exemple, « La Manic » chantée par Georges Dor en 1966 est reprise trente ans plus tard par Bruno Pelletier : Si tu savais comme on s'ennuie à la Manic… Idem pour la chanson de Raymond Lévesque en 1956 « Quand les hommes vivront d'amour » (…il n'y aura plus de misère) reprise par Fabienne Thibault en 1998 (mais aussi Robert Charlebois, Gilles Vigneault et Félix Leclerc en 1974, Nicole Croisille en 1980 et Enrico Macias en 1989) ou encore « Frédéric » interprété par Claude Léveillée en 1963 puis en duo avec Isabelle Boulay en 2000 : Je me fous du monde entier quand Frédéric me rappelle les amours de nos vingt ans.

Le fleuron culturel de la fleur de lys
Moé j'viens d'l'Abitibi,
moé j'viens dla Bitt à Tibi,
moé j'viens d'un pays kié de lacs bin rar.
Moé j'viens d'un pays ousss ke l'pouesson mord.

« La Bittt à Tibi » (Raoul Duguay, 1975)

Le dernier tableau, La Veillée du bon vieux temps, présente l'intérieur d'une maison, avec un vieux poêle, une croix accrochée au mur, un fusil suspendu au-dessus de la porte d'entrée et un panneau « Aimez vos parents », une mamie qui tricote sur une chaise à bascule près d'une vieille radio et un pépé avec sa canne et sa pipe. Les artistes portent des chemises de bûcherons canadiens à carreaux rouges et noirs ou la ceinture multicolore traditionnelle du Québec. Harmonica, rythmes à la cuillère et danses en ligne animent toute la maisonnée d'un caractère de country enjoué. Les artistes entrent tour à tour dans la salle à manger, se saluent et dansent en ligne et en couple, bras dessus, bras dessous, c'est la gigue à mon beau frère (…) Et comme on dit, on est icitte pour s'amuser :
Ah ! C'est la tarte à ma grand-mère
C'est la tante à mon beau-frère
Ah ! La belle-sœur à mon cousin
Ah ! C'est la fête à mon grand-père
Que y'a, que y'a du monde dans la salle à manger
.
« La parenté » (interprété successivement par Jacques Labrecque en 1957, Monique Leyrac en 1966 et remis au goût du jour par la Bottine Souriante en 1987)

Ces refrains tirés du folklore québécois sont repris avec gaieté par le public. D'ailleurs, les artistes invitent le public à danser sur scène. Au moment du salut, tous les artistes reviennent sur scène, endossant chacun un costume différent, brassant ainsi les personnages de Jean Leloup, Diane Tell, Robert Charlebois, Isabelle Boulay, réunissant les générations et les époques dans une meute de Québécois soudés pour entonner chacun une phrase puis reprendre en chœur l'incontournable classique québécois :
J'ai refait le plus beau voyage
De mon enfance à aujourd'hui
(…) J'ai revu mes appartenances,
(…) Et c'est de toutes mes partances
Le plus heureux flash de ma vie !

« Le plus beau des voyages » (Claude Gauthier, 1972)

Nota bene : Pour les gourmands, un forfait souper-spectacle...
Liens :
- Le site internet du spectacle QuébecIssime
- Le site de Mary Travers dite "La Bolduc" (1894-1941) considérée comme la première auteure-compositeure-interprète du Québec : http://www.labolduc.qc.ca
- Le groupe La Bottine souriante : http://www.bottinesouriante.com

mercredi 4 juin 2003

La Binerie du Mont-Royal

« Icite, c’est pas pour le décor qu’on vient, c’est pour manger ! »
La Binerie est un minuscule établissement coincé entre deux immeubles qui ne lui ont laissé qu’une quinzaine de pieds de façade, le forçant de s’allonger comme un wagon-restaurant. À l’intérieur, un comptoir bordé de tabourets fait presque toute la longueur du local. Au fond, (…) on a réussi à caser deux tables avec banquettes. Derrière, se trouve une petite pièce fermée où se démène le cuisinier. On a installé les toilettes au sous-sol. Il faut passer derrière le comptoir pour s’y rendre et emprunter un petit escalier en casse-cou (…). Chaque pouce cube a été judicieusement employé, après de longues réflexions. Ainsi, l’espace d’un placard à balai fut remplacé au profit d’une table chauffante à température réglable qui permet à certains plats, comme la tourtière ou le bouilli, de conserver leur fraîcheur et leur température après avoir quitté le feu.

Cuisine maison et ambiance familiale
« Icite, tout est cuisiné sur place et les patates sont épluchées à la main ! »
Depuis 1938, on peut manger accoudé sur le zinc aux côtés des joueurs de hockey nationaux qui venaient chaque semaine y avaler leur plat de « bines » (des fèves au lard), ou encore des célébrités tels que Serge Lama (« Il vient à chacune de ses tournées ! »), Didier Barbelivien, Maurice Richard (une légende du hockey canadien) et bien d’autres ; les photos épinglées sur les murs en témoignent. « Gilles Vigneault est v’nu y’a deux s’maines ! » La croix du Christ est suspendue au-dessus de l’entrée de la cuisine. La Binerie est une entreprise familiale où les patrons se succèdent de père en fils, d’oncle à neveu, de beau-père à gendre, de cousin éloigné à beau-frère.

Tout le long du comptoir, on ne voyait que des têtes penchées, des fourchettes en mouvements, des bouches en train de mastiquer, des tasses obliques en train de se vider. Les clients parlaient peu, (…) la bonne chère les absorbait. Près de la caisse, un vieux chauffeur de taxi, sa casquette rejetée en arrière, venait d’attaquer une assiette de bœuf aux légumes pleine de gros morceaux de viande juteux tout en discutant avec Gisèle des avantages respectifs de la vie de célibataire et d’homme marié.

- « Sur quoi qu’t’écris, Yves ? » 
- « Sur la maisonnée ! »
L’écrivain Yves Beauchemin, habitué du lieu, a fini par s’inspirer du va-et-vient incessant du restaurant pour y consacrer un roman paru en 1981, intitulé Le Matou, devenu depuis un classique de la littérature québécoise (Prix de la ville de Montréal, Prix littéraire du Journal de Montréal en 1981, Prix du livre d’été à Cannes en 1982, Prix du public au Salon du livre de Montréal en 1985 et Prix littéraire des lycéens d’Île-de-France en 1992). Vendu à plus d’un million d’exemplaires et traduit en dix-sept langues, le roman popularise la Binerie dans le monde entier ! Ces 583 pages ont même été adaptées au cinéma pour un film tourné sur place : « 100 % filmé icite ! » Réalisé en 1985 par Jean Beaudin, ce long-métrage obtient le Prix du Festival International du Film à Québec et le Prix du jury du Festival des films du monde de Montréal. En 1987, l’histoire devient même l’objet d’une série télévisée.

« 109 sites répertoriés sur Internet ! »
… Et pourtant on ne peut y accommoder que dix-sept clients à la fois, mais ces derniers se succèdent à une belle cadence, car l’endroit est renommé pour sa bonne grosse nourriture paysanne. […] La force du restaurant réside dans la qualité de sa nourriture, la rapidité du service et la modicité relative des prix, rendue possible par l’économie d’entretien d’un local tellement exigu.
Alors, vu le succès, pourquoi la Binerie ne s’est-elle pas agrandie ?
Voilà bien une manie américaine de vouloir transformer les bons restaurants en usine ! Comment voulez-vous contrôler la qualité de la nourriture quand vous avez à peine le temps de soulever le couvercle de tous vos chaudrons ? Le chef choisit en effet lui-même tous ses légumes. N’y cherchez ni frites, ni poutines, ni burgers, « icite, tout est 100 % québécois » : soupe aux pois, ragoût de boulettes, pâté chinois (patates pilées, viande hachée et grains de maïs), tourtières, lard salé, cretons, T-bone, fèves au lard…

« Les fèves, c’est bon pour la santé »
50 % des clients de la Binerie viennent pour les fèves. Ce tout petit restaurant est devenu une véritable institution en matière de fèves au lard. Pour les novices et les affamés, « l’assiette maison » se compose d’une part de tourtière accompagné de ragoût et également de fèves au lard. Et en dessert : une tarte au sucre chaude avec une boule de crème glacée ou du pouding chômeur arrosé de sirop d’érable, le tout avec un café ou un thé. Aucun hamburger, ni fritures, juste des sandwiches 100 % terroir québécois : creton, fromage grillé, lard salé, rôti de porc frais… Les plats de la Binerie incluent une soupe, un breuvage et un dessert. Et puis, à la Binerie, on peut même emporter : manger chez soi une part de tourtière, déguster une tarte au sucre maison sur son canapé, savourer une portion de bines devant un match de hockey à la télé… S’offrir un morceau de Binerie pour la maison…

La Binerie du Mont-Royal à Montréal
 367, Mont-Royal Est, coin Saint-Denis - Métro Mont-Royal (514) 285-9078

Citations entre guillemets de Bernard Deschamps, gérant de la Binerie.
Citations en italiques tirées du livre d’Yves Beauchemin : Le Matou (Québec/Amérique, 1981).

jeudi 15 novembre 2001

Aux Anciens Canadiens

Ce restaurant existe depuis 1966 et porte le nom du roman de Philippe-Aubert de Gaspé. Classé dans le guide du routard comme un « resto chic », la maison des Anciens Canadiens propose une excellente formule autour de 20 $ canadiens (soit une bière, un savoureux potage, un plat copieux et un dessert exquis pour moins de 15 €).

Des plats traditionnels québécois
Tous les plats sont typiquement québécois : tourtière aux cinq gibiers (caribou, castor, faisan, bison et wapiti), bourguignon de caribou à la crème et au vin de bleuet, magret de canard braisé au sirop d’érable, suprême de faisan grillé au vieux cheddar et sauce aux pleurotes, fricassée de poulet sur pâte feuilletée, ragoût de pattes de cochon et de boulettes façon grand-mère, cuisses de faisan aux fèves aux lards ou encore des œufs brouillés au sirop d’érable.
Quant aux desserts, la tarte au sirop d’érable est à se pâmer de plaisir…

Dans une maison historique
Le tout dans une des plus vieilles maisons de la ville décorée à l’ancienne : pierres apparentes, tableau de sculptures sur bois représentant des scènes traditionnelles (comme la couture, les semeurs, le soldat, le laboureur ou encore le repas familial avec grand-mère qui sert la soupe et pépé qui nettoie sa pipe contre son sabot de bois), assiettes en porcelaine, cheminée, nappe à carreaux, mobilier en bois, vitrines exposant des couverts ancestraux… Les serveuses elles-mêmes sont en costumes d’époque : coiffe en coton blanc, corsage lacé, chemise à manches bouffantes, jupe et tablier, sans oublier la mythique ceinture québécoise (comme celle que porte Bonhomme Carnaval).

34, rue Saint-Louis à Québéc (418) 692 1627
 www.auxancienscanadiens.qc.ca

dimanche 11 novembre 2001

Hockey



Un sport économique national

Le hockey est un sport difficile à suivre pour un néophyte. D'une part, les règles du jeu, relativement complexes, nécessitent plusieurs années d'apprentissage avant d'être assimilées. D'autre part, le déroulement du match est extrêmement rapide : l'œil non averti peine à repérer, non seulement les glissades de la rondelle, mais en plus, le va-et-vient incessant des joueurs qui entrent et sortent en permanence de la patinoire. Le plus perturbant demeure pourtant le colossal cérémonial qui accompagne la partie.

Tout d'abord, un écran géant à huit faces, placé au-dessus de la patinoire, attire sans arrêt l'attention du spectateur à l'aide de clignotants, de messages publicitaires et autres appâts commerciaux. Vidéos et affichages numériques sont diffusés simultanément. Impossible de s'ennuyer ! Les sponsors officiels du Centre Molson et de la Ligue Nationale de Hockey se partagent ainsi la vedette, en plus d'être placardés tout autour de la patinoire et même inscrits sous sa glace !

Ensuite, des jeux et animations sont proposés au public. Une bannière illustrant des applaudissements invite régulièrement les tribunes à la claque. Des indications telles que « plus fort ! » ou encore « Bruit ! » enflamment davantage l'arène. Lors des arrêts de jeu, des compétitions sont organisées tels que le plus beau baiser ou encore le meilleur supporter : une caméra filme les spectateurs qui, à la vue de leur image diffusée sur les écrans, entrent en action. Les plus fantaisistes sont rediffusés à la fin du match et gagnent des cadeaux. De plus, des jeux vidéos visuels contribuent à divertir la foule pendant les pauses.

Enfin, durant les tiers-temps, des numéros se déroulent sur la patinoire : ballets sur glace, mini-match de « sumo-hockey », jeux d'adresse avec de jeunes équipes… Des interviews d'entraîneurs, de sponsors et de spectateurs ponctuent le match pour des séquences d'une vingtaine de secondes (grand maximum !). Des temps musicaux sont également mis en place : un troubadour déambule dans le public avec un violon ou un harmonica pour deux périodes rigoureusement chronométrées de 30 à 40 secondes chacune (pas une de plus !). Et même, lors des nettoyages de la patinoire, avant chaque reprise de match, une voiture spécialement affrétée pour l'occasion lance, à l'aide d'un canon, des tee-shirts dans les gradins. Les tribunes entrent alors en liesse.

Dans cette panoplie d'activités et de promotion à outrance, chaque seconde est comptée. Pas un instant de répit n'est laissé. Une armée de vendeurs de pop-corn, bières, boissons fraîches, hot-dog et bonbons vadrouillent entre les rangées, pour éviter au public l'effort de se lever et de louper un moment de publicité. Un match dure ainsi deux heures et demie pour un jeu divisé en trois parties de 20 minutes chacune. Soit : 1 h 30 de réclames pour une heure de hockey…