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mercredi 8 mai 2013

La saison des Festivals...

Chaque été, Montréal se métamorphose. Tel un papillon, la ville semble sortir de sa chrysalide blanche afin d’arborer un plumage coloré : les feuilles ont envahi les arbres nus, les pelouses ont réapparu, les fleurs sont écloses, les jardinières se propagent sur les balcons, les terrasses parsèment les trottoirs… La température est passée de -40°C à 39°C ! Très vite, tee-shirt, bermudas, sandalettes, gougounes (= les tongues), lunettes noires, bikinis, bobs et parasols sont de mise ! En effet, il n’y a pas vraiment de printemps (ou alors juste pendant 15 jours), pas d’intersaison au Canada. Alors qu’en hiver, chaque point d’eau est recyclé en patinoire et les terrains de basket transformés en aire de hockey, à présent, les gars ont troqué leur canne de hockey pour une batte de base-ball. Les parcs deviennent de gigantesques salons de bronzage et les piques-niques fleurissent le long des cours d’eau (les familles les plus équipées emmènent, en plus de leur glacière, leur barbecue !).


Alors que l’hiver, les villes exposent des sculptures de neige et de glace, l’été donne l’occasion de continuer mais avec des fleurs à l'occasion des « Mosaïcultures » de Montréal au jardin botanique. Avec des œillets d’inde, du gazon, des herbes sauvages, des palmiers, des buissons, du feuillage, les artistes ont érigé de véritables monuments fleuris. Certains représentent des scènes de légendes : comme par exemple Moby Dick affrontant une baleine, Saint-Georges terrassant un gigantesque dragon afin de libérer une princesse enchaînée ou encore une gente damoiselle jetant sa marmite de soupe bouillante sur la tête d’un ennemi qui voulait s’introduire dans le château. Cet événement est l’occasion d’un concours international : chaque visiteur vote pour sa sculpture botanique préférée. Difficile de choisir entre la muraille de Chine conçue par l’équipe de Pékin, les colosses de l’Île de Pâques réalisés par le Chili, la merveilleuse oasis de l’équipe de Dubaï, le majestueux Bouddha confectionné par le groupe de New Delhi…

De multiples festivals jalonnent l’été : le Festival International de Jazz de Montréal, le Festival Juste pour rire, le Festival International des Nuits d’Afrique de Montréal (depuis 1986, ce festival propose pendant 10 jours une série de concerts et spectacles sous le thème de l’Afrique, des Antilles et de l’Amérique Latine), Les Francofolies… En août, le Festival celtique international de Montréal célèbre les traditions et la culture communes des anciens peuples celtes et ceux du Nouveau Monde. Constitués de la Bretagne, de l’Irlande, de l’Écosse et de la Grande-Bretagne, les territoires celtes ont été le point de départ d’un mouvement important en direction de l’Amérique, les nouveaux colons apportant avec eux la richesse des musiques et traditions populaires. Partout au Canada, on retrouve la trace de cette empreinte. Le Festival célèbre ces liens historiques, par toutes sortes de manifestations : spectacles de danse, musique, contes et légendes, expositions et ventes d’objets d’artisanat traditionnel, ferme celte, gastronomie et bières celtes.


Après le Grand Prix du Canada de Formule 1, le Bassin olympique de l’île Notre-Dame accueille le Festival International de Courses de Bateaux-Dragons ! La tradition des courses de bateaux-dragons remonte à l’an 278 avant Jésus-Christ afin de commémorer la mort du poète Qu Yuan, noyé dans une rivière. Pour protéger le poète des poissons et des mauvais esprits, les villageois montaient sur leurs bateaux et lançaient des boulettes de riz enrobées de soie. Ce festival accueille une centaine d’équipes provenant des États-Unis, du Canada, de l’Europe et de la Chine. Le quartier Chinatown de Montréal célèbre l’événement par des ventes de trottoir, des spectacles folkloriques, des expositions artisanales ainsi qu’une grande parade.
Enfin, le Concours international d’art pyrotechnique de Montréal créé en 1987 présente une compétition mondiale qui s’étale sur dix semaines. Les feux sont tirés depuis l’île Sainte-Hélène tous les samedi. Des milliers de personnes se massent sur le pont Jacques-Cartier fermé pour l’occasion et au parc d’attraction La Ronde afin d’admirer ce splendide spectacle. 

Non loin de la métropole, LE rendez-vous des vestes à franges, chapeaux et bottes de cow-boys avec le Festival international western de St-Tite : spectacles gratuits, exposition de motorisés et concours pour les amateurs de rodéo, mais également mariages country ! Ou encore le Festival de Montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu, des dizaines de gros ballons colorés survolent les champs et les paysages de la vallée du Richelieu ! Cet événement attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs de partout à travers le monde. En 2002, Montréal avait même accueilli le Championnat du monde de scrabble !

Pourquoi ne pas conclure l'été avec le Festival de salsa de Québec ? Pendant quatre jours, le soleil des tropiques brille sur une compétition endiablée qui permet de prolonger l’été.

© Photographies : Kit-Québec | Mosaïcultures internationales, Montréal 2003


lundi 2 novembre 2009

La Moitié gauche du frigo

Film écrit et réalisé en 2000 par Philippe Falardeau
(prix du meilleur premier film canadien au Toronto international film festival)

Vivre au Québec commence souvent par une colocation...

C’est l’histoire de deux colocataires...
Le premier fait du théâtre engagé et social (sa grande question est de savoir si c’est « politique » de faire du social, mais comme « tout est dans tout », il aura tendance à vous répondre que « tout est politique »), le second est ingénieur en mécanique (et non mécanicien, donc ne lui demandez pas de vous réparer votre tracteur, il pourra simplement vous dessiner le moteur en trois dimensions pour vous expliquer comment fonctionne la turbine et vous ne serez pas plus avancé).

Le film débute lorsque Christophe, l’ingénieur, démissionne et se retrouve, à 30 ans, au chômage. Stéphane, son coloc, décide alors de filmer sa recherche d’emploi à la façon d’un documentaire amateur. Un road movie s’engage alors à travers les couloirs de l’ANPE québécoise et les entretiens d’embauche s’enchaînent caméra à l’épaule. Jeune et diplômé, Christophe ne s’affole pas et taquine volontiers son ami Philippe, ingénieur dans une usine de serviettes hygiéniques et fier de son métier car il fabrique des objets « périodiquement nécessaires ». La caméra suit ainsi, à la manière des reportages diffusés dans l’émission Strip-tease, Paul Ahmarani (Christophe) dans ses discours et pérégrinations. L’acteur s’adresse et se confie à la caméra, tout comme l’acteur belge Benoît Poelvoorde dans le film culte C’est arrivé près de chez vous, à une différence près toutefois : le tueur est remplacé par un chômeur…


Cependant, la période de chômage s’étale et la moitié gauche du frigo attribuée à Christophe se vide peu à peu… Là, on lui explique alors « la courbe psychosociale du chômeur » : ça commence toujours par un effondrement relatif au choc de la perte d’emploi, suivi d’un pic et d’une période rose dus à l’euphorie du changement, et enfin une chute, plus ou moins longue, qui correspond d’abord à la désorientation, puis au découragement, mais faut pas se laisser aller, hein ? On va remonter la pente.
Crédits photos : Anne Massot

mardi 4 août 2009

L'art du brunch à Montréal...

Aux Derniers Humains 
6950, rue St-Denis (coin Bélanger – Métro Jean Talon)

À deux pas du Marché Jean-Talon, ce chaleureux restaurant offre des déjeuners copieux servis avec des fruits frais en quantité et en qualité, un café savoureux et des pommes de terre aromatisées à l'estragon. Vous choisirez entre le chaleureux rêveur, l’âme sœur épanouie ou encore le jouisseur compulsif (un must : une crêpe géante sous une avalanche de fruits frais !). Et pour les indécis, n’hésitez pas et optez pour le « Bon ben j’prends toute ! ». Le tout à des prix raisonnables taxes incluses !
Attention : le resto n'accepte pas les cartes de crédit (ni Interac). Argent comptant seulement.
L'Enchanteur
Métro Jean-Talon : rue Henri-Julien (angle Castelnau)
Son nom indique parfaitement le cadre des déjeuners... C'est un véritable enchantement pour les babines !

La Petite Marche
Métro Laurier : 5035, rue St-Denis (coin Laurier)
Une institution du brunch à Montréal ! En quelques années, le légendaire restau s'est agrandi en achetant progressivement les boutiques des blocs voisins. Désormais, plus besoin de faire la file le dimanche. Alors forcément, le service s'industrialise un peu mais l'endroit demeure un must en matière de petit-déj.

Sur l'avenue Mont-Royal...
Vous aurez l’embarras du choix pour trouver où bruncher ! Du branchouille (comme L'Avenue au 922, rue Mont Royal Est, (514) 523-8780) au plus populaire (le Fameux au coin Mont-Royal/St-Denis, ouvert 24h/24 - 4500 Rue Saint Denis (514) 845-8732) ou encore les Folies (à l'angle Pontiac)...

Goûtez également aux brunch originaux de L’Auberge du Dragon Rouge...
ou de Maam’ Bolduc [4351, avenue de Lorimier (angle Marie-Anne – Métro Mont-Royal) 514 527-3884]

La Grand-Mère Poule 
1361, ave. du Mont-Royal Est (Métro Mont-Royal - coin De Lanaudiére)

Ce resto est un véritable hommage à la poule : déco chargée et œufs cuits de 1001 manières… Pancakes étagées garnies de fruits des champs et arrosée de crème anglaise à l’érable, pains dorés (un délice !), muffins, fruits, pain à la banane, la liste est longue et vous n’aurez que l’embarras du choix pour composer votre déjeuner !

Crédit Photos : Anne Massot

lundi 15 juin 2009

L'Auberge du Dragon-Rouge

« Si tu manques de boustifailles, crie mon nom et je viendrai comme un jouvenceau galant vers sa pucelle. Tu veux-tu bouère une cervoise, de l’hydromel ou de la flotte ? J’ai aussi de la cervoise en tonneau ». Ambiance garantie !

Véritable voyage dans le temps, vous vous retrouvez dans une auberge médiévale de Nouvelle-France, servis par de généreuses tenancières et de gentils gueux… Dans cette auberge d'un autre siècle, on prépare de délicieuses « galettes » (l’ancêtre du Burger !) : comme « La Moisie » (au fromage bleu), la galette gauloise au sanglier nappé de brie (exquise !) ou encore la galette forestière au cerf et au chèvre (un régal pour vos babines !).

Durant le dîner, des troubadours égayent la soirée de leur "musicaille" et autres sonnets à répondre tandis que la cervoise coule à flot. Un Grimoire des Alcools propose à ce titre différentes cervoises, ainsi que de la vinasse et de l’hydromel, sans oublier certains breuvages maison (qui se révèlent d'excellent remèdes pour tuer les microbes) …tel que le "Sang du Dragon" !... (comme le veut la coutume locale pour arroser une fête d'anniversaire ! ...Attention aux maux de tête ! Estomacs fragiles, s'abstenir !).

Enfin, une liste de savoureux desserts, dont la tarte au fromage ou encore le "Gâteau de la Mort" à vous faire frissonner…

L’endroit unique et donc assez populaire ne prend pas les réservations (sauf pour les grands groupes qui réservent la salle à l’étage). Cependant, vous pouvez prendre l’apéro en attendant qu’une tablée se libère et siroter une cervoise à la taverne de l’Auberge, histoire de prendre le pouls. Ambiance garantie !

Attention : Prévoyez 4$ supplémentaires pour les troubadours. De plus, payez en argent comptant ou carte débit INTERAC. Les cartes de crédit ne sont pas acceptées.

À noter : L'Aubergiste sert aussi des brunchs en fin de semaine, dont "L’œuf de Dragon" (un œuf d'autruche à la coque à partager à plusieurs !) ...le tout accompagné de couenne de dragon bien sûr !

8870, Lajeunesse (au nord de l'autoroute métropolitaine)
Métro : Crémazie (sortie Nord) (514) 858-5711
Site : www.oyez.ca

vendredi 12 juin 2009

La fine fleur du burger à Montréal

En Amérique du Nord, le burger est une véritable tradition, voire même une institution ! Rien a voir avec nos pales burgers européens ! Voici donc quelques adresses pour vous réconcilier avec l'art du burger gastronomique : du bon pain et de bons aliments font des merveilles pour nos papilles !

El Zazium
1276 Laurier Est (métro Laurier) (514) 598-0344

Ambiance et décor poussés à l'extrême : palmiers, tables remplies de sables, baignoire, etc. Le menu est à lire (et à décoder) minutieusement ! Plats à saveur surtout mexicaine, mais les burgers sont créatifs : du Mac Arthur (aux pommes) au Cajun, en passant par celui aux légumes marinés et luzerne, il y a en pour tous les goûts. Et pour ceux qui aiment les défis : le Monstre... Si vous finissez l’assiette, vous gagnez un t-shirt ! (bon courage !) (un conseil : mettez-vous discrètement à plusieurs pour finir l’assiette du monstre). Pour ceux qui craignent la crise de foie, il y a le mini-monstre (plus raisonnable !).
Les "monstrueux" burgers du Zazium...
Frites Alors !
4 restaurants en ville : 433 Rachel Est (métro Mont-Royal) - 3497 St-Laurent (métro Sherbrooke) - 1710 St-Denis (métro Berri-UQAM) - Marché Jean-Talon (métro Jean-Talon)

C’est le royaume des Burgers ! Outre « Le Gros Machin » (un double burger classique) et la poutine à Vladimir, parmi les plus originaux, vous trouverez le bêêêrger (avec fromage de chèvre), le Parigot (avec du brie), le méditerranéen (avec fromage Féta, aubergines grillées, poivrons rouges et sauce Pistou), le burger poulet cajun, mais aussi le « burger Kébab » (avec de l’agneau) ou encore le « Taj Mahal » (Chutney mangue, mayo au cari, oignons, carottes). À noter un burger au bison (le Jamaïcain) et un autre au caribou (le Rudolph Burger).

Bagel St-Viateur
1127 Mont Royal est (juste après Christophe Colomb) (métro Mont-Royal)

Pour changer des burgers, vous avez aussi les Bagels ! Dans le quartier Mont-Royal, Le Bagel St-Viateur vous ravira l’estomac. Choisissez votre bagel (au sésame, au pavot, au blé entier ou « tout garni » avec oignon à l’intérieur) et choisissez la salade qui l’accompagne (légumineuse, au thon, salade de pâtes, salade de riz, à l’artichaut, aux pois chiches…).

Les savoureux bagel du St-Viateur...
Le bagel classique : saumon fumé, fromage à la crème et câpres. Mais vous avez aussi le « Wow » ou le « Plateau », et tant d’autres choix savoureux !

En partant, vous pouvez acheter quelques bagels frais à ramener à la maison : ils sont excellents !
NB : Les desserts sont aussi très bons ! Entre autres : un des meilleurs gâteau au fromage de la ville, ainsi qu’un légendaire gâteau aux carottes !

Goûtez également aux étonnants burgers de L’Auberge du Dragon Rouge : au cerf et au fromage de chèvre ou encore au sanglier et brie fondant... Tout simplement irrésistibles !

lundi 7 août 2006

Cinéma Québécois

Quand vous arrivez au Québec, rien de mieux qu'une bonne séance intensive de cinéma pour vous intégrer et mieux comprendre la culture locale et son état d'esprit. Petite sélection choisie pour votre initiation...


Bon Cop Bad Cop : petit polar anglo-québécois rigolo qui vous apprendra en une scène mythique du film comment manier le langage châtié du Québécois ! irrésistible !

Québec-Montréal : sympathique et désopilante étude de mœurs autour du trajet en auto (entre Québec et Montréal) de plusieurs jeunes : discussions philosophiques en voiture, panne sèche, crises existentielles, scènes de ménage, états d’âme, ruptures, rencontres en auto-stop et coups de foudre…

Pure Laine : télésérie populaire mettant en scène un Haïtien qui émigre au Québec ! Marié à une Québécoise pure souche, il observe et commente avec humour cette société québécoise qu’il découvre peu à peu ! Ensemble, le couple adopte une petite fille chinoise : un portrait de famille désopilant qui représente le Québec multiculturel d’aujourd’hui avec son utopie et ses paradoxes. Cette série décortique avec humour les préjugés et clichés de la vie au Québec !

Le Cœur a ses raisons : télésérie québécoise, parodique et complètement loufoque qui caricature les soap opera traditionnels.

La Grande Séduction : comédie québécoise qui brosse un portrait de la vie dans les maritimes (= les îles à l’est du Québec). Essentiellement habitée par des pêcheurs au chômage qui pointent tous les 15 jours pour chercher le fameux « BS » (le « Bien-être Social » qui correspond ici à l’équivalent du SMIC).

Les Invasions barbares : les amertumes et états d'âme d'une génération de Québécois (les "baby boomers" ou soixantuitards...) 13 ans après le référendum de 1995. Ce film fait suite, 17 ans après, au Déclin de l'empire américain. Deux films de Denys Arcand pour mieux comprendre le Québec d'aujourd'hui.

Elvis Gratton
Comédie mythique de Pierre Falardeau réalisé en 1981, juste après le référendum pour l’indépendance du Québec…

Dans la culture québécoise, ce film est un véritable classique : il correspond aux Bronzés du cinéma français, c’est-à-dire qu’il brosse un portrait type du beauf des années fin 70.

Elvis Gratton est un personnage parodique, caricature du beauf québécois fasciné par les U.S.A. et fan d’Elvis Presley, bref le rêve américain... Derrière la porte de sa cuisine trône une affiche pour le « non » à l’indépendance du Québec. Entonnant son fameux Bob save the queen, Monsieur Robert Gratton ne veut pas perdre ses montagnes rocheuses [la chaîne montagneuse de l’Alberta] : « Touche pas à mes rocheuses, ma constitution, mon fédéral, mon libéral, mon bilinguisme, ma cour suprême, pis ma belle reine ». Pour lui, les « Amaricains » ont « des grosses bombes, des grosses blondes, des gros boss, des grosses gosses, des gros chars, des gros lards », bref ils sont très forts… Ses tirades les plus connues sont les suivantes : « Moi, j’suis fluent dans les deux langues, j’parle bilingue parfaitement, sans accent », « Moi, j’suis fier d’être Canadien, comme je suis fier d’être un Québécois-Canadien-Français-francophone d’Amérique du Nord », « Le Canada, c’est le plus meilleur pays au monde ! Think big ! »

lundi 4 octobre 2004

Envoûtants sushis...

Vous cherchez un endroit romantique, original et surtout délicieux ? Foncez donc en plein cœur du plateau Mont-Royal, au Bleu Caramel, un restaurant japonais spécialisé dans les plaisirs gustatifs de l’œil et des papilles.

Le Bleu Caramel
4517, rue de La Roche à Montréal - Métro : Mont-Royal (514) 526-0005

Un cadre zen
Pour commencer, son cadre feutré est tout simplement envoûtant. On dépose ses souliers à l’entrée et on s’installe à la japonaise, c’est-à-dire à une table basse, assis sur un tatami. Un éclairage tamisé, un aquarium à même le mur, une petite fontaine miniature ainsi qu’une ambiance musicale zen aspirent au ressourcement. Des ouvrages sur la culture japonaise sont mis à la disposition des clients. Ce restaurant fait également salon de thé et les amateurs viennent s’y recueillir tout en sirotant de subtils mélanges.

Les meilleurs sushis de Montréal
Bleu Caramel prépare indéniablement les meilleurs sushis de Montréal. Ainsi, nous avons tous littéralement succombé au charme irrésistible de ses succulents nighiris et autres déroutants makis, sans compter les créations culinaires. Les patrons, un couple québéco-japonais, préparent des recettes inédites à base de saumon frais ou fumé, de thon, de tilapia, d’anguille ou d’œufs de poisson volant. Une recette est ainsi inspirée d’un cuisinier japonais installé en Louisiane : elle s’appelle JMDT (pour Je M’ennuie De Toi). De gargantuesques sushis aux couleurs festoyantes comme l’Arc-en-ciel, le Kamikaze, le Bleu Caramel ou encore le Tobigo vous raviront le plaisir des sens depuis les yeux jusqu’aux papilles. De plus, un petit morceau de tempura glissé au cœur du sushi vous fera voluptueusement frissonner lorsqu’il éclatera sous votre palais.

Rituel nippon
Les plats sont précédés d’une soupe miso d’algues et de tofu qui vous mettront dans l’ambiance (à déguster avec des baguettes). Accompagnez le tout d’un saké tiède et vous voici baignant dans la culture japonaise.

Le caprice de Geisha
Le dessert est tout aussi savoureux. Son nom déjà laisse rêveur : un Caprice de Geisha… Il s’agit de morceaux de fruit recouverts d’une fondue au chocolat et présentés sur une coupe de glace pilée. Le but du jeu : attendre trois minutes que le chocolat se saisisse sur la glace afin de faire monter le désir. Le chocolat saisi à l’extérieur au contact de la glace est encore chaud à l’intérieur : une pure merveille pour les papilles !

Un autre dessert savoureux : le sorbet. Trois parfums au menu : gingembre, fève rouge ou thé vert. Les trois arômes sont uniques et délicieux.
À noter : Bleu Caramel propose aussi sa cuisine à emporter.
Crédit Photos : Christian Semaan

mercredi 4 juin 2003

La Binerie du Mont-Royal

« Icite, c’est pas pour le décor qu’on vient, c’est pour manger ! »
La Binerie est un minuscule établissement coincé entre deux immeubles qui ne lui ont laissé qu’une quinzaine de pieds de façade, le forçant de s’allonger comme un wagon-restaurant. À l’intérieur, un comptoir bordé de tabourets fait presque toute la longueur du local. Au fond, (…) on a réussi à caser deux tables avec banquettes. Derrière, se trouve une petite pièce fermée où se démène le cuisinier. On a installé les toilettes au sous-sol. Il faut passer derrière le comptoir pour s’y rendre et emprunter un petit escalier en casse-cou (…). Chaque pouce cube a été judicieusement employé, après de longues réflexions. Ainsi, l’espace d’un placard à balai fut remplacé au profit d’une table chauffante à température réglable qui permet à certains plats, comme la tourtière ou le bouilli, de conserver leur fraîcheur et leur température après avoir quitté le feu.

Cuisine maison et ambiance familiale
« Icite, tout est cuisiné sur place et les patates sont épluchées à la main ! »
Depuis 1938, on peut manger accoudé sur le zinc aux côtés des joueurs de hockey nationaux qui venaient chaque semaine y avaler leur plat de « bines » (des fèves au lard), ou encore des célébrités tels que Serge Lama (« Il vient à chacune de ses tournées ! »), Didier Barbelivien, Maurice Richard (une légende du hockey canadien) et bien d’autres ; les photos épinglées sur les murs en témoignent. « Gilles Vigneault est v’nu y’a deux s’maines ! » La croix du Christ est suspendue au-dessus de l’entrée de la cuisine. La Binerie est une entreprise familiale où les patrons se succèdent de père en fils, d’oncle à neveu, de beau-père à gendre, de cousin éloigné à beau-frère.

Tout le long du comptoir, on ne voyait que des têtes penchées, des fourchettes en mouvements, des bouches en train de mastiquer, des tasses obliques en train de se vider. Les clients parlaient peu, (…) la bonne chère les absorbait. Près de la caisse, un vieux chauffeur de taxi, sa casquette rejetée en arrière, venait d’attaquer une assiette de bœuf aux légumes pleine de gros morceaux de viande juteux tout en discutant avec Gisèle des avantages respectifs de la vie de célibataire et d’homme marié.

- « Sur quoi qu’t’écris, Yves ? » 
- « Sur la maisonnée ! »
L’écrivain Yves Beauchemin, habitué du lieu, a fini par s’inspirer du va-et-vient incessant du restaurant pour y consacrer un roman paru en 1981, intitulé Le Matou, devenu depuis un classique de la littérature québécoise (Prix de la ville de Montréal, Prix littéraire du Journal de Montréal en 1981, Prix du livre d’été à Cannes en 1982, Prix du public au Salon du livre de Montréal en 1985 et Prix littéraire des lycéens d’Île-de-France en 1992). Vendu à plus d’un million d’exemplaires et traduit en dix-sept langues, le roman popularise la Binerie dans le monde entier ! Ces 583 pages ont même été adaptées au cinéma pour un film tourné sur place : « 100 % filmé icite ! » Réalisé en 1985 par Jean Beaudin, ce long-métrage obtient le Prix du Festival International du Film à Québec et le Prix du jury du Festival des films du monde de Montréal. En 1987, l’histoire devient même l’objet d’une série télévisée.

« 109 sites répertoriés sur Internet ! »
… Et pourtant on ne peut y accommoder que dix-sept clients à la fois, mais ces derniers se succèdent à une belle cadence, car l’endroit est renommé pour sa bonne grosse nourriture paysanne. […] La force du restaurant réside dans la qualité de sa nourriture, la rapidité du service et la modicité relative des prix, rendue possible par l’économie d’entretien d’un local tellement exigu.
Alors, vu le succès, pourquoi la Binerie ne s’est-elle pas agrandie ?
Voilà bien une manie américaine de vouloir transformer les bons restaurants en usine ! Comment voulez-vous contrôler la qualité de la nourriture quand vous avez à peine le temps de soulever le couvercle de tous vos chaudrons ? Le chef choisit en effet lui-même tous ses légumes. N’y cherchez ni frites, ni poutines, ni burgers, « icite, tout est 100 % québécois » : soupe aux pois, ragoût de boulettes, pâté chinois (patates pilées, viande hachée et grains de maïs), tourtières, lard salé, cretons, T-bone, fèves au lard…

« Les fèves, c’est bon pour la santé »
50 % des clients de la Binerie viennent pour les fèves. Ce tout petit restaurant est devenu une véritable institution en matière de fèves au lard. Pour les novices et les affamés, « l’assiette maison » se compose d’une part de tourtière accompagné de ragoût et également de fèves au lard. Et en dessert : une tarte au sucre chaude avec une boule de crème glacée ou du pouding chômeur arrosé de sirop d’érable, le tout avec un café ou un thé. Aucun hamburger, ni fritures, juste des sandwiches 100 % terroir québécois : creton, fromage grillé, lard salé, rôti de porc frais… Les plats de la Binerie incluent une soupe, un breuvage et un dessert. Et puis, à la Binerie, on peut même emporter : manger chez soi une part de tourtière, déguster une tarte au sucre maison sur son canapé, savourer une portion de bines devant un match de hockey à la télé… S’offrir un morceau de Binerie pour la maison…

La Binerie du Mont-Royal à Montréal
 367, Mont-Royal Est, coin Saint-Denis - Métro Mont-Royal (514) 285-9078

Citations entre guillemets de Bernard Deschamps, gérant de la Binerie.
Citations en italiques tirées du livre d’Yves Beauchemin : Le Matou (Québec/Amérique, 1981).

mardi 4 mars 2003

Les meilleures poutines de Montréal

J’ai découvert que la poutine pouvait s’avérer appétissante...

Certes ce n’est pas une saveur gastronomique des plus raffinées, cependant la poutine possède quelques vertus. Tout d’abord, « ça cale bien » et c’est le repas idéal à avaler sur le pouce lorsqu’on n’a pas trop le temps et qu’on a besoin d’énergie. Ça coûte pas cher et c’est nourrissant : pommes de terre et fromage en grains. Ensuite, la poutine fait de la résistance à l’empire américaniste en offrant une alternative aux fast food. D’ailleurs, les Mac Do québécois ont adopté la poutine parmi les Big Mac et autres Mac Nuggets. Enfin, la poutine s’adapte parfaitement aux atmosphères conviviales des soirées entre amis. Les « poutines parties » sont en effet toujours une bonne occasion de se réunir autour d’une table, notamment pour « initier » un Français fraîchement débarqué à l’art de la poutine et « jaser entre chums ».
La poutine galvaude
L’originalité de la poutine consiste à recouvrir les pommes de terre de grains de fromage. Le fromage fond sur les patates chaudes : un petit régal ! Ce plat populaire peut être délicieux lorsque les patates sont maison, bien cuites et le fromage en grain goûteux et frais. Évitez donc les poutines du McDo (même au Québec) ou celles des chaînes telles que Valentine, PFK et autres Belles Provinces, pour leur préférer les restaurants traditionnels.

L'intrigante « sauce brune »...
La particularité étrange de la poutine réside dans sa mystérieuse et légendaire « sauce brune » qui recouvre le tout… Malgré une recherche pointue, personne ne semble pouvoir indiquer sa composition exacte. Certains parlent vaguement de jus de viande, d’autres de sauce barbecue. Peut-être vaut-il mieux ne pas savoir ? Sachez, en tout cas, que toutes les poutines, exceptées les italiennes, sont arrosées de cette mythique sauce brune.
Poutine classique
Dis-moi quelle poutine tu manges et je te dirai qui tu es…
De nombreux restaurants l’ont ainsi intégrée dans leur carte, l’accommodant, selon leur spécialité culinaire, d’une sauce tomate à la viande pour les Italiens (la poutine italienne), d’une sauce aux champignons pour le restaurant Élégant sur Beaubien (la poutine élégante) ou encore la fameuse « Poutine à Vladimir » des restaurants Frite alors ! Une grande variété de poutines existe désormais : avec saucisse, accompagnée de bœuf haché et oignons frits, au blanc de poulet, au bacon, aux champignons, ou parsemé de légumes (la poutine végétarienne). J’avoue avoir un faible pour la « Galvaude » accompagnée de petits pois et de poulet. Les poutines s’internationalisent au gré des restaurateurs. On peut ainsi déguster la poutine Mexicaine (frites épicées, sauce à la viande épicée), la poutine Oktoberfest (saucisse allemande) ou encore la poutine Cajun (frites épicées) et la poutine européenne (saucisses fumées à l’européenne)…
Une poutine "élégante"...

La Banquise
994 Rachel Est (près du Parc Lafontaine, entre Sherbrooke et Mont-Royal) 514 525-2415
http://www.restolabanquise.com/

Hamburgers et poutines servis toute la journée et toute la nuit ! En effet, ce casse-croûte incontournable du circuit nocturne après bar est ouvert 24h/24 ! On y mange à toute heure et pour pas cher. La spécialité de la maison : la poutine. Différentes espèces : de la classique à l’italienne en passant par la végé, la pizza, la Elvis, la chouxxx, la 3 viandes et la Olé Olé… Curiosités rares en matière de poutine : la poutine Kamikaze (avec merguez, piments forts et tabasco), la poutine Danse (dinde, oignon, bacon et sauce aux poivres) et même – exceptionnel ! – la poutine hawaïenne (avec jambon et ananas !!!)… Bref, des poutines qui font rêver !
Maam’ Bolduc
4351, avenue de Lorimier (angle Marie-Anne – Métro Mont-Royal) 514 527-3884
Outre son pâté chinois, son ragout boulettes, ses petits-déjeuners, ses bières et ses burgers maison, La Bolduc propose une grande palette de poutines : la Galvaude (petits pois et poulet), la Dingue, la Costaude (bacon et oignons) et même la poutine Bourguignonne (arrosée de pinard, truffée d’ail et parsemée de bœuf bourguignon !!!)
Jojo
6507, Papineau (coin Beaubien – Métro Beaubien) 514 722-6666 ou 722-6611
Jojo offre 28 choix de poutines dont la poutine « spéciale Jojo » : pepperoni, bacon, viande fumée, oignons frits, champignons (âmes sensibles s’abstenir !). L’avantage de Jojo, c’est qu’il livre ! Son slogan : « On utilise seulement des ingrédients de première qualité ! » Attention, vous avez le choix entre deux formats : moyen ou grand. Ne vous risquez pas à prendre la grande poutine car rares sont ceux qui parviennent à terminer la portion médium ! Un classique : la poutine smoked meat…
À quand la poutine dessert ?
… Avec des pommes tranchées recouvertes de fromage cottage et de sauce brune (au chocolat) !…

dimanche 4 novembre 2001

Au royaume des beans...

Outre la poutine (plat québécois constitué de frites recouvertes de fromage en grain fondu et de sauce), comment passer 15 jours au Québec sans goûter ses délicieuses fèves au lard ?

La Binerie du Mont-Royal à Montréal
367 Mont-Royal Est, coin St-Denis - Métro Mont-Royal (514) 285-9078

Fondé en 1940 à Montréal, ce resto a été intronisé par Yves Beauchemin dans son roman Le Matou. L’étymologie du terme « Binerie » provient du mot anglais « bean », soit le flageolet. C’est un lieu où l’on sert des haricots. La spécialité de la maison sont donc les fameuses fèves au lard.

Ici, on vous propose une cuisine typiquement québécoise et « maison ». La particularité de la Binerie réside dans sa simplicité. Salle modeste et prix modéré. Pour une somme défiant toute concurrence, on mange une formule composée d’une soupe aux pois, d’un plat, d’un dessert et d’un breuvage. On y trouve également de la tourtière, du ragoût aux boulettes, du bœuf aux légumes, des fèves au lard, ainsi que des tartes au sucre et le fameux pouding chômeur (génoise baignant dans du sirop d’érable). Les plats sont copieux et consistants, tel le pâté chinois (espèce de hachis Parmentier avec des grains de « blé d’Inde » – du maïs – destiné, à l’époque, aux ouvriers chinois employés pour la construction de la ligne de chemin de fer). Bref, "ça nourrit son homme" comme on dit...


On y déjeune sur le comptoir et on discute avec les travailleurs du quartier, mais aussi des étudiants, des chauffeurs de taxi, des employés en cravate et quelques touristes (la Binerie figure dans tous les guides de Montréal). Les serveurs portent des polos beiges et des tabliers verts très « kétaines » à l’effigie de la Binerie (en vente à la caisse !). Sur les murs de la salle, sont affichés les articles parus dans la presse à propos du restaurant ainsi que les photographies des prestigieuses personnalités qui sont venues s’y restaurer (Serge Lama, Alain Souchon et d’illustres joueurs de hockey, dont Maurice Richard, entre autres).

Et bien saoulés au caribou
À la Molson et au gros gin
Y s’extasient sur nos ragoûts
D’pattes de cochon et nos plats d’binnes
Vu qu’on n’a pas d’fromage qui pue
Y s’accommodent d’un vieux cheddar
Et y se plaignent pas trop non plus
De notre petit café bâtard

 « Les maudits Français », Lynda Lemay, Du coq à l’âme, 2000.