Outre une ravissante balade à
travers les champs et les petits villages qui s’alignent sur les bords
du fleuve, un arrêt sur l’île d’Orléans vous offrira un havre de paix où vous pourrez vous détendre tout en
savourant des produits du terroir. En effet, les cidreries et les
vignobles vous séduiront avec leurs caves et leurs dégustations, tandis
que les cabanes à sucre et les fermes vous raviront via un tour du
propriétaire en tracteur. Partout, confitures, pâtés, tartes, produits à
l’érable et aux pommes vous enchanteront les babines.
L'île de Félix
Enfin, vous êtes sur la terre d’élection du poète Félix Leclerc. Ainsi, nous vous recommandons vivement d’écouter un de ses disques dans l’auto dès que vous entrez sur l’île, histoire de vous mettre dans l’ambiance…
Pour supporter le difficile et l’inutile, y a l’tour de l’île Quarante-deux milles de choses tranquilles (« Le Tour de l’île », Félix Leclerc)
Un pèlerinage s’impose à l’Espace Félix-Leclerc (et sur sa pierre tombale pour les groupies). Une exposition émouvante qui retrace la vie du grand poète québécois : photos, objets personnels, paroles de chansons, extraits de journaux, reconstitution de son bureau… 682, chemin Royal à Saint-Pierre – http://www.felixleclerc.com
En février, la neige est rose comme chair de femme Et en juillet, le fleuve est tiède sur les battures…
Un seul pont permet d’accéder à l’Île d’Orléans. Avant sa construction en 1935, on prenait le bateau ou on traversait à pied en hiver sur le fleuve gelé. Lors de sa découverte par Jacques Cartier, l’île fut baptisée Île de Bacchus en raison de ses nombreuses vignes sauvages. Parmi les incontournables, le Vignoble Isle de Bacchus produit à ce titre des vins blanc, rouge et rosé. Ses spécialités : le Kir de l’Île (pour l’apéro) et le Fleur de Lyse (pour le dessert).
La cidrerie du domaine de Steinbach 2205, chemin Royal, à Saint-Pierre de l'Île d'Orléans (418) 828-0000 - http://www.domainesteinbach.com
Un autre arrêt que vous ne regretterez pas ! Bien sûr, leur spécialité c'est le cidre de glace (exquis depuis le Diablotin à la framboise au Tourlou à l'érable en passant par d'excellents vinaigres de cidres de pommes). Mais la famille Steinbach, originaire de Belgique, propose également de savoureux produits à l'érable de la moutarde au confit d'oignon, sans oublier la gelée de pomme à l'érable. Un petit régal à ramener chez soi et à offrir !
Enfin, le fameux Fromage de l’Isle d’Orléans vous enchantera grâce à sa recette artisanale datant de 1693, reconstituée sur place grâce à une fameuse bactérie introuvable ailleurs !
4696, chemin Royal à Sainte-Famille
On veut la mettre en mini-jupe and speak English Faire ça à elle, l’Île d’Orléans notre fleur de lys…
Et avant de repartir, n’oubliez pas de passer à la Chocolaterie de l’île d’Orléans pour goûter au chocolat, à la crème glacée et au sorbet maison à Sainte-Pétronille.
Une chouette adresse où dormir (pour tous les budgets entre 30 et 100 $) : L'Auberge de jeunesse Au P'tit Bonheur
Une magnifique maison historique avec chambres privées ou dortoirs, et même un tipi dans le jardin ! Site : http://www.leptitbonheur.qc.ca + L'hiver : possibilité de dormir dans un igloo !
Telle une Québécoise, j’ai passé
Noël « dans le sud », loin de « la maudite mârde blanche », sous le soleil de Cuba. J’ai ainsi troqué
mes bottes pour mes gougounes (tongues en bon Québécois) et j’ai quitté les
trente centimètres de neige montréalais pour les vingt kilomètres de sable
blanc de Varadero. Rien de mieux pour envoyer des cartes de vœux originales
représentant des cocotiers plutôt que des sapins enneigés…
¡ Feliz Navidad !
Après un vol retardé par le dégel des
ailes de l’appareil, mon avion atterrit à Cuba et je retire mon manteau
d’hiver. Il fait beau et l’aéroport est entouré de palmiers. Une odeur de
cigare plane et Cuba vibre sous les rythmes latinos au son des percussions,
maracas, guitare, trompette, voix et violoncelle. Cha cha, rhumba, merengue et salsa
enveloppent délicieusement l’atmosphère et enivrent autant que les effluves du
rhum : « Guantanamera », « Che Guevara »,
« Quisas quisas »…
Destination favorite des Canadiens, Varadero est une ville
exclusivement touristique. Dans ce pays sans Coca-Cola ni MacDo, les touristes sont marqués
comme du bétail par un bracelet qui leur garantit un laisser-passer à tous les
restaurants de leur hôtel grâce à la fameuse formule « all
inclusive ». Bordée de grands complexes hôteliers, la côte offre ainsi un
confort continental qui tranche terriblement avec la pauvreté du reste de
l’île. Les buffets regorgent de nourriture et tout est consommé « à
volonté », alors que les Cubains manquent de tout. Golf, marinas, night
clubs, piscines, courts de tennis : tout est prévu afin de ne pas trop
dépayser l’Occidental en vacances.
La côte est magnifique : mer turquoise, sable blanc,
cocotiers le long des plages. Le paysage est paradisiaque. Le soleil brille et
l’eau est chaude. Au large, une barrière de corail régale les plongeurs.
Cependant à Noël, même s’il fait chaud et que l’eau est tiède, la côte nord est
sujette à de nombreux passages nuageux. L’idéal, l’hiver, est donc de réaliser
plutôt un parcours à travers l’île. De nombreux voyageurs optent pour ce
plan : ils louent une auto et roulent de ville en ville. Certaines agences
proposent d’ailleurs des formules de circuits où les hôtels sont réservés à
l’avance.
Malheureusement, à Varadero, les Cubains rencontrés se limitent
aux employés des hôtels. Pour chacun d’eux, un sourire jovial illumine aussitôt
leur visage lorsque nous leur lançons un « ¡Ola! » chaleureux. Même
si on est nul en espagnol, nous devons compter parmi les rares qui font un
effort pour parler leur langue. Les Cubains ont alors les yeux qui brillent et
on se sent en contact, même juste pour un instant. Coincé entre la dictature de
Castro et l’embargo américain, le peuple cubain s’avère extrêmement pauvre.
N’oubliez pas de glisser dans vos bagages des savons, des bonbons et toutes
sortes de petits cadeaux qui feront le bonheur des femmes et des enfants
cubains.
¡ Hasta la vista !
Les hôtels proposent une quantité d’excursions à travers le pays
surnommés « Rambo Tour », « Jungle Tour » et autres
« Aquaworld ». En hélicoptère, en parachute ascensionnel, en
catamaran ou encore dans un truck russe tout terrain, vous sillonnerez les
routes cubaines à la vitesse grand V, vous arrêtant dans les villes une
vingtaine de minutes avant de repartir à l’aventure. Bref, frustrant, folklo,
gogo et surtout très loin de la réalité cubaine et de ses chaleureux habitants.
Mieux vaut donc visiter par soi-même et louer une voiture pour circuler car les
bus sont rares. Les véhicules en location sont récents et en bon état
(contrairement aux autos privées). De plus, aucun problème pour stationner. Le
seul souci demeure le manque d’indications sur les routes. Cependant, les
Cubains se font un plaisir de vous indiquer le chemin lorsque vous le leur demandez.
D’ailleurs, ne pas hésiter à les prendre en stop : à la sortie des villes,
nombreux sont en effet les Cubains qui attendent l’arrêt d’une voiture afin de
les rapprocher de chez eux. Ils vous indiqueront le chemin à suivre avec
plaisir.
Cuba présente un véritable musée roulant à cause de ses vieilles
voitures américaines bicolores et chromées qui cohabitent avec quelques Lada
dégarnies. La couleur des plaques permet d’identifier les conducteurs :
plaques jaunes pour les véhicules privés (généralement de vieilles carcasses
bricolées rescapées des années cinquante), plaques bleues pour les véhicules
d’état (généralement les mini-bus touristiques et autres taxis officiels),
plaques rouges pour les véhicules loués (des modèles Audi, Peugeot et Ford
récents et modernes). Sur les routes comme sur l’autoroute circulent de
nombreuses bicyclettes et charrettes (économie d’essence oblige). Des Cubains à
pied vendent des bananes ou des cigares le long des voies rapides.
Cardenas, Matanzas, Cienfuegos, Trinidad, La Havane… Les villes
cubaines regorgent d’histoire. La diversité de leur architecture témoignent des
différentes époques qu’elles ont traversées depuis les conquistadores espagnols
jusqu’à l’ère communiste en passant par le bordel de l’Amérique du temps du
protectorat des États-Unis. Ainsi, de vieilles cathédrales aux tours
asymétriques côtoient de magnifiques villas coloniales avec arcades, mosaïques,
patios et boiseries qui s’imposent malgré l’usure et la poussière qui les
recouvre. D’autres maisons, toutes en bois, rappellent les constructions
antillaises.
À La Havane, les buildings du centre-ville, les anciens casinos,
bars et boîtes de nuit rappellent le passage des Américains. Enfin, les
immeubles en béton armé où s’empilent les familles de travailleurs reproduisent
fidèlement le modèle soviétique. Sans compter les cabanes bricolées avec de la
tôle et des récupérations de morceaux de bois, style bidonville ou favelas. Les
époques et les styles se mélangent allègrement dans un délabrement généralisé.
Digne du climat tropical, la végétation est luxuriante. Les
routes traversent des champs de canne à sucre, des plantations de bananiers,
d’agrumes et de mangues. Dans la montagne, la forêt vierge grouille de bambous,
de palmiers et d’eucalyptus, à travers des champs de tabac, des orchidées, des
tulipes d’Afrique et des cactus.
Cuba est un pays magnifique et incroyable qui conserve une
étonnante douceur de vivre malgré ses cicatrices. Sa population fait preuve
d’une extrême générosité malgré sa misère. Et partout l’empreinte du Che
s’inscrit, pas seulement dans le culte du passé, mais également en signe
d’espoir : à quand la prochaine révolution ?
¡ Hasta la victoria siempre !
Le jour de noël, je suis allée me recueillir dans la ville
désormais dédiée à Che Guevara. À Santa Clara, les monuments sont en effet
consacrés au guerillo héroïque et à ses valeureux companeros en mémoire de la
bataille historique remportée en 1958 par la Révolution. À la lueur de la
flamme du souvenir, un mausolée abrite les restes du Che et de ses compagnons
de lutte. À côté, un musée rassemble quelques objets du Comandanto et de ses
acolytes : timbales en fer, gourdes, uniformes, casquettes, bérets,
médailles, diplômes, lettres, armes, ainsi que de nombreuses photographies et
citations. Tout aspire au culte.
Dans les villages, rien ne fait penser à noël : pas de décoration
et des rythmes salsas partout. Nous trinquons autour d’une bière au son de
« Feliz Navidad » version reggae. Un moment inoubliable, perdu au
milieu de nulle part, parmi des gens qui ont terminé de travailler et qui
attendent une charrette ou un bus archi bondé sur le bord de la route. Un Noël
loin de tout dans une ambiance hors du temps.
Vous cherchez un endroit romantique, original et surtout délicieux ? Foncez donc en plein cœur du plateau Mont-Royal, au Bleu Caramel, un restaurant japonais spécialisé dans les plaisirs gustatifs de l’œil et des papilles.
Le Bleu Caramel 4517, rue de La Roche à Montréal - Métro : Mont-Royal (514) 526-0005
Un cadre zen
Pour commencer, son cadre feutré est tout simplement envoûtant. On dépose ses souliers à l’entrée et on s’installe à la japonaise, c’est-à-dire à une table basse, assis sur un tatami. Un éclairage tamisé, un aquarium à même le mur, une petite fontaine miniature ainsi qu’une ambiance musicale zen aspirent au ressourcement. Des ouvrages sur la culture japonaise sont mis à la disposition des clients. Ce restaurant fait également salon de thé et les amateurs viennent s’y recueillir tout en sirotant de subtils mélanges.
Les meilleurs sushis de Montréal
Bleu Caramel prépare indéniablement les meilleurs sushis de Montréal. Ainsi, nous avons tous littéralement succombé au charme irrésistible de ses succulents nighiris et autres déroutants makis, sans compter les créations culinaires. Les patrons, un couple québéco-japonais, préparent des recettes inédites à base de saumon frais ou fumé, de thon, de tilapia, d’anguille ou d’œufs de poisson volant. Une recette est ainsi inspirée d’un cuisinier japonais installé en Louisiane : elle s’appelle JMDT (pour Je M’ennuie De Toi). De gargantuesques sushis aux couleurs festoyantes comme l’Arc-en-ciel, le Kamikaze, le Bleu Caramel ou encore le Tobigo vous raviront le plaisir des sens depuis les yeux jusqu’aux papilles. De plus, un petit morceau de tempura glissé au cœur du sushi vous fera voluptueusement frissonner lorsqu’il éclatera sous votre palais.
Rituel nippon
Les plats sont précédés d’une soupe miso d’algues et de tofu qui vous mettront dans l’ambiance (à déguster avec des baguettes). Accompagnez le tout d’un saké tiède et vous voici baignant dans la culture japonaise.
Le caprice de Geisha
Le dessert est tout aussi savoureux. Son nom déjà laisse rêveur : un Caprice de Geisha… Il s’agit de morceaux de fruit recouverts d’une fondue au chocolat et présentés sur une coupe de glace pilée. Le but du jeu : attendre trois minutes que le chocolat se saisisse sur la glace afin de faire monter le désir. Le chocolat saisi à l’extérieur au contact de la glace est encore chaud à l’intérieur : une pure merveille pour les papilles !
Un autre dessert savoureux : le sorbet. Trois parfums au menu : gingembre, fève rouge ou thé vert. Les trois arômes sont uniques et délicieux.
À noter : Bleu Caramel propose aussi sa cuisine à emporter. Crédit Photos : Christian Semaan
Créé en 1996 à Montréal, le groupe
Mes Aïeux réunit une gang de joyeux drilles à la fois musiciens et acteurs
(comme Isabelle Blais dans Caïman Fu,
certains membres du groupe sont connus au Québec en tant que comédiens). Dans
la veine des groupes québécois qui ravivent le folklore (La Bottine Souriante, les Tireux de roches, les Cowboys Fringants,
voire même le spectacle Québec Issime),
Mes Aïeux partage également l’univers des nouveaux chanteurs à texte français,
humoristes et socialement engagés, comme les Escrocs, les Joyeux
Urbains ou encore Alexis HK, qui
présentent un répertoire musical particulièrement éclectique sur fond de
fredaines populaires. Le registre de Mes Aïeux propose ainsi un délicieux
mélange de saveurs traditionnelles aromatisées d’épices actuelles, où les
rengaines folkloriques se marient aux registres rock, funk et blues, mais aussi
à des aspirations afro-cubaines, hip hop, reggae, hardrock et discos. Cette
recette « funklorique » produit « un
folklore génétiquement modifié constitué de légendes modernisées, de faits
vécus romancés et de chansons grivoises ou engagées ». L’ambiance festive
et enjouée du concert comme de l’album entraîne inévitablement le public et
l’auditeur dans un tourbillon de rire, de chant et de danse.
Légendes La fabuleuse « rencontre entre La Bolduc et James Brown »
Le nom même du groupe évoque le passé, tout comme son répertoire d’une part
inspiré d’histoires traditionnelles du Québec et, d’autre part, teinté de
rythmes folkloriques tels que le reel, le rigaudon ou encore la gigue. La
« légende » du groupe raconte que l’illumination survint au cours
d’une improvisation collective lors d’une soirée dans un appartement de la rue De Lorimier à
Montréal. Un des tubes du groupe fut d’ailleurs composé dans cet appartement
désormais mythique du 2096, rue De Lorimier à Montréal. Cette chanson phare
aurait été, dit-on, « écrite en une demi-heure, paroles et musique,
pendant un doux moment d’euphorie éthylique » :
Sur la rue De Lorimier, il
paraît qu’à tous les soirs
ils refont le monde entier et ils tuent le désespoir
« 2096 (chanson à boire) »
Depuis la chasse-galerie d’Honoré
Beaugrand (« Acabris, Acabras, Acabram », « Descendus au
chantier ») en passant par la légende de la rivière rouge et l’éternelle
« Prison de Londres » version disco, tout le monde danse sur les
tounes de Mes Aïeux. Même le diable et le petit Jésus se déhanchent façon John
Travolta :
Pis quand Jésus danse, c’est l’bout’ de
tout’
Il transpire même de l’eau bénite
De peur d’en recevoir une goutte
Le démon décide de prendre la fuite
« Le yâbe est dans la cabane »
Outre les
légendes et chansons traditionnelles, le répertoire du groupe s’inspire
également d’événements historiques qui ont marqué le Québec (Les Patriotes et
les référendums sont des références récurrentes) dont certains faits divers qui
ont défrayé la chronique, comme « La Corrida de la Corriveau » contée
sur un savoureux flamenco. Alors qu’historiquement La Corriveau fut accusée en 1763 d’avoir tué ses deux
maris, dans la joyeuse chanson de Mes Aïeux, elle n’en tue pas moins de
sept ! Enfin, le groupe raconte également des histoires tirées de son
propre patrimoine familial : comme le grand-oncle Prémi considéré comme le
plus grand gigueux du nord du Saguenay ou
encore la matante
Octavie qui, farouche avec son mari, engendra treize enfants
après une confession révélatrice :
La messe a été dite, maintenant l’église
est vide…
[…] Octavie ressortit au bout d’une heure et demie
Toute essoufflée, mal boutonnée […]
C’qui s’est passé sous la chaire restera un mystère.
« Juste et bon »
Métaphores Contre-attaquer les empires
Afin de se réapproprier la culture héritée de leurs ancêtres,
chacun des membres de la
tribu Mes Aïeux incarne (et caricature) une des figures
marquantes de la
Nouvelle-France. L’indien Marc-André Paquet alias Mappy
joue des percussions (depuis l’éternel tam-tam jusqu’à la batterie punk), le
curé Éric Desranleau et le trappeur Frédéric Giroux jouent de la
guitare mais aussi de la flûte et de l’harmonica, le caribou (Luc Lemire)
s’illustre au saxophone, l’Irlandais (Benoît Archambault) à la trompette
et au clavier, l’ange Marie-Hélène Fortin chante et joue du violon,
tandis que le diable Stéphane
Archambault chante et écrit les paroles. À tour de rôle, chacun
intervient en fonction de son personnage dans une mise en scène théâtrale
pleine d’humour et d’espièglerie.
Crédit photo : Francis René
Toutefois,
un glissement métaphorique s’opère dans la seconde partie du concert lorsque la
confrérie québécoise arbore les couleurs de la série culte Star Wars.
Transformé, chaque personnage conserve néanmoins ses principaux aspects. En
effet, le curé s’est métamorphosé en Obewan (la Foi), l’Indien en maître Yoda
(le Sage), l’ange en princesse Leïa (la pure), le trappeur en Luke Skywalker
(l’aventurier) et enfin le diable réincarné en Dark Vador (le côté obscur de la
Force), accompagné par l’Irlandais devenu Yann Solo (l’allié) et Choubaka
(ex-caribou) dont le saxophone rappelle le langage voluptueux des Wookies.
À la fois
métaphore du monde face aux États-Unis et métaphore du Québec face au Canada
anglophone, la rébellion contre la vague infernale de l’Empire devient le
symbole de la résistance des diversités culturelles face à la mondialisation
(scandé par le rap de « Qui nous mène ? »). D’où le titre du
programme : « Mes Aïeux contre-attaquent »… Que ce soit face à
l’empire américain ou face au magna de la presse people au Québec : l’empire
Québécor.
Les petits se font bouffer par les gros
Y’a même pus de place dans les hôpitaux
Y’a pus de poissons dans nos cours d’eau
« Tout seul »
Amours Quand le devoir conjugal devient un enjeu politique
En Histoire comme en science-fiction, les querelles familiales dégénèrent
en conflits politiques (« L’héritage », « Vie de chien »,
« La Capitulation »). Ultime acte de résistance et remède infaillible
contre l’amnésie, « Le temps des semences » devient l’arme de la
Révolution des berceaux : en effet, afin de « repeupler le
pays », il s’avère alors « juste et bon » de « relever ses
jupons ». Cependant, Mes Aïeux tire un constat plutôt amer, bien
qu’ironique, d’une société soumise à la tentation. Les
histoires d’amours sont ainsi l’occasion de récits cocasses aux accents grivois
où les femmes préfèrent leur silhouette à leur progéniture, l’ectasie à
l’extase, et dont la morale demeure : « Méfiez-vous des jolies
filles » (« Jamais la plus belle », « Rose la
tulipe »).
Heureusement,
l’invention de toutes sortes de « Remèdes Miracle » disponibles en
libre-service à la pharmacie permet de guérir tous les maux d’aujourd’hui. En
hommage à ces nouvelles drogues, une joyeuse chanson de gestes est entonnée et
dansée par le public. Nos mouvements quotidiens prennent alors étrangement
l’allure de l’accoutumance… Excellent remède contre la monotonie et le froid,
Mes Aïeux ont également composé une sulfureuse bossa nova en hommage à un mets
québécois réputé. Cette toune s’entonne tel un hymne national :
« Patates, sauce brune et fromage »… En effet, un air traditionnel
québécois ferait bien pâle figure sans sa mémorable poutine (ou
« gratin de tubercules à la sauce brune »).
L’unique
véritable déclaration d’amour de Mes Aïeux, tracée en filigrane à travers
chaque chanson, est dédiée au Québec : « Sans anneau, ni discours,
tout mon corps te dit oui ». Dans la lignée des poètes tel que Richard Desjardins,
Mes Aïeux célèbrent en effet la culture « d’un pays qui n’en est pas
un », notamment en perpétuant sa mémoire. Le souvenir étant d’ailleurs le
fil conducteur du groupe (et « Je me souviens », la devise du
Québec), une « chanson à boire » fournit un excellent prétexte pour
se rappeler certains événements historiques et raviver l’espoir, voire la foi,
d’un avenir tant désiré :
Une petite shot de Sambuca pour mettre le
feu au Canada,
[…] un petit peu de liqueur d’anis pour octobre 70
pis on retombe dans la bière pour les défaites référendaires
[…] une petite shot, encore une shot, pour tous les patriotes
On pourrait faire un drame de la défaite des plaines d’Abraham
mais on continue à boire pour ceux qui verront la victoire…
[…] et pis une autre petite shot de Rhum pour le prochain référendum
« 2096 (chanson à boire) »
« Nos ancêtres les
Gaulois…»
… fêtaient l’Halloween !
Halloween : «Tradition d’origine écossaise et irlandaise fêtée dans la nuit du
31 octobre, veille de la Toussaint. Ses racines
remontent au temps des druides, c’est-à-dire à l’époque pré-chrétienne. Les
Celtes honoraient deux dieux majeurs, celui du Soleil et celui des Morts. Ce
dernier, nommé Samhain, était célébré en automne, le jour de la nouvelle année
celtique ».
Ce
jour-là, la légende veut que les fantômes des morts se mêlent aux vivants. On
allumait de grands feux pour éloigner les mauvais esprits. Chaque famille
recevait de la braise recueillie dans ce feu sacré pour en allumer un nouveau
dans son âtre et protéger ainsi le foyer tout au long de l’année. Depuis, la
coutume demeure mais le feu est celui d’une bougie placée dans une citrouille.
À l’époque
médiévale, la croyance populaire voulait que les elfes, les fées et les
sorcières (qui prenaient parfois l’apparence de chats) apparaissent en ces
périodes sombres et froides de l’année. On laissait ainsi à l’entrée des
maisons afin d’apaiser les fantômes et d’attirer la bénédiction et la
protection des fées pour l’année à venir. Des provisions de friandises
permettaient de marchander tout mauvais sort et les déguisements en monstres
étaient destinés à effrayer les esprits malins.
Cette coutume populaire fut peu à
peu intégrée au rituel chrétien : en 837, le pape Grégoire IV institue en effet la Toussaint, le jour des morts… Halloween
est d’ailleurs la contraction de «All
Hallow E’en» qui signifie «veille de la fête de
tous les Saints». Tandis qu’en France la culture celte disparaît
progressivement, la célébration de Samhain continue à se développer en
Irlande, Écosse et Pays de Galles ainsi que dans certaines régions
d’Angleterre.
Ces
traditions d’Halloween furent ensuite importées par les Écossais et les
Irlandais en Amérique où Halloween devint une fête nationale à la fin du XIXe
siècle. La tradition s’est alors perpétuée avec une « valeur ajoutée» pour les enfants: celle qui consiste à aller sonner aux portes pour réclamer des
friandises déguisés en sorcières, en fantômes ou en morts vivants en criant «Trick or
treat, smell my feet or give me something to eat !» et la citrouille a remplacé le navet afin de figurer le
personnage deJack-O’Lantern.